Le texte a été adopté, malgré la mobilisation de plus de deux millions de personnes et de vives contestations portant notamment sur la réintroduction dérogatoire de certains pesticides de la famille des néonicotinoïdes et sur plusieurs dispositions relatives à la gestion de l'eau.

Un affaiblissement de la démocratie sanitaire

Pour la CLCV, ce vote constitue un affront à la démocratie sanitaire, fondée sur la participation des citoyens, l'expertise scientifique indépendante et la prise en compte des enjeux de santé publique dans les décisions politiques. Alors que les consommateurs, les associations et de nombreux citoyens s'engagent depuis des années en faveur d'une agriculture plus durable, plus respectueuse de l'environnement et de la santé humaine, ce texte envoie un signal profondément contradictoire.

Un recul des principes de précaution et de progrès

La réintroduction de substances dont les impacts environnementaux et sanitaires font l'objet de préoccupations récurrentes apparaît comme un renoncement aux principes de précaution et de progrès qui devraient guider l'action publique. Sous couvert d'urgence économique et en faisant reposer la décision sur l’ANSES, le législateur ouvre la voie à des dérogations qui risquent d'affaiblir la confiance des citoyens dans les politiques publiques de santé et de protection de l'environnement.

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Pour une agriculture conciliant production, santé et environnement

La CLCV rappelle que les consommateurs sont aussi des citoyens, des contribuables et des acteurs de la transition écologique. Ils attendent des pouvoirs publics qu'ils accompagnent les filières agricoles vers des solutions durables, innovantes et compatibles avec les objectifs de santé publique, de préservation de la biodiversité et de lutte contre le changement climatique. Par ailleurs les nombreuses initiatives engagées par les agriculteurs démontrent qu’une agriculture plus respectueuse de l’environnement est non seulement possible, mais également viable économiquement. Cette transition doit être encouragée.

Nous regrettons qu'au moment où les alertes scientifiques se multiplient concernant l'érosion de la biodiversité, la qualité de l'eau et les risques liés à l'exposition aux substances chimiques, des choix politiques privilégient des réponses de court terme au détriment de l'intérêt général et des générations futures.

La CLCV appelle désormais le Gouvernement au retrait de cette loi, à renforcer le rôle des autorités scientifiques indépendantes et à engager sans délai un véritable débat démocratique sur l'avenir de notre modèle agricole.

L'agriculture française mérite mieux qu'un choix opposant production, santé et environnement. Les citoyens aspirent à un monde plus juste, plus durable et plus protecteur. Leur engagement ne peut être ignoré, notre avenir non plus.

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