Des promesses vagues sur les compléments à base de plantes tolérées depuis plus de 10 ans
Depuis l'entrée en vigueur du cadre européen sur les allégations nutritionnelles et de santé, plusieurs milliers d'allégations concernant les plantes et substances utilisées dans les compléments alimentaires demeurent en attente d'évaluation définitive. Cette situation favorise la diffusion de promesses santé parfois floues, notamment autour de la gestion du stress. Des mentions telles que « favorise le bien-être émotionnel » ou « humeur positive » sont ainsi utilisées, tandis que certains acteurs vont jusqu'à employer des formulations à connotation thérapeutique, brouillant la frontière entre complément alimentaire et médicament.
Une information aux consommateurs peu claire et des pratiques critiquables
L'information délivrée aux consommateurs sur les compléments alimentaires est souvent peu lisible. La coexistence d'allégations autorisées, d'allégations en attente et de messages marketing complique la compréhension des bénéfices réels des produits.
Certaines communications reprennent les codes de l'univers médical : représentations d'organes, promesses d'efficacité ou références implicites à des troubles de santé. Associés à des allégations parfois ambiguës, ces éléments peuvent conduire les consommateurs à percevoir le complément alimentaire comme une alternative thérapeutique, voire comme un médicament. Les consommateurs sont également insuffisamment informés des risques liés à certaines plantes utilisées dans les compléments alimentaires, faute d'obligation de faire figurer les principales recommandations scientifiques et précautions d'usage.
Risques de surdosage par manque d’encadrement strict
Au-delà des allégations et de la communication, la question des dosages constitue un enjeu central. Pour de nombreuses plantes, il n’existe pas d’harmonisation stricte des concentrations actives, ni de consensus universel sur les seuils d’efficacité ou de sécurité. Certains compléments alimentaires contiennent des quantités élevées de vitamines, minéraux ou d’extraits végétaux.
En l'absence de plafonds harmonisés pour certaines substances et face à la multiplication des produits disponibles, les consommateurs sont exposés à des risques de surdosage, notamment lorsqu'ils cumulent plusieurs compléments, aliments enrichis en vitamines et minéraux, ou lorsqu'ils les associent à des médicaments.
Nos demandes
Nous demandons que cessent les dérives en matière d'allégations de santé, en particulier celles concernant les plantes grâce à la suppression des zones grises réglementaires ainsi qu’au renforcement des contrôles et sanctions contre les communications susceptibles d’être trompeuses, y compris en ligne. La distinction entre compléments alimentaires et médicaments doit être claire et strictement respectée afin d’éviter toute confusion.
Nous appelons les pouvoirs publics à rendre obligatoire l’apposition d’avertissements sanitaires clairs, fondés sur les recommandations de l’Agence nationale de sécurité sanitaire, de l’environnement et du travail et référencés sur Compl’Alim, incluant les risques d’interactions, la recommandation de consulter un professionnel de santé et les modalités de nutrivigilance.
Enfin, nous demandons à la Commission européenne et aux pouvoirs publics de réviser l’encadrement des dosages des vitamines et minéraux. Nous appelons à la fixation de doses maximales journalières pour les plantes et les substances à but nutritionnel ou physiologique. Ces mesures doivent s’accompagner d’une harmonisation des seuils de sécurité et d’une évaluation scientifique préalable des substances, afin de garantir un niveau élevé de protection des consommateurs.
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