Depuis un siècle, la population mondiale a fortement augmenté et nos façons de s'alimenter se sont profondément modifiées. Nous consommons davantage, et notamment davantage de produits issus d'animaux, transformés, gras ou sucrés… avec  conséquences en cascade sur l'environnement.

Que ce soit pour sa production, sa transformation ou sa distribution, l'alimentation est particulièrement gourmandes en ressources : eau, terre, halieutiques (poissons…) et énergies fossiles. Leur exploitation intensive entraîne une érosion des sols et leur dégradation, une déforestation, la raréfaction, voir la disparition, de certaines espèces, etc.

Ce phénomène est amplifié par l'utilisation massive d'intrants chimiques (herbicide, insecticide, engrais, activateurs ou retardateurs de croissance) qui polluent non seulement les terres mais aussi les eaux et l'air. L'alimentation est par ailleurs une des sources principales des émissions de gaz à effet de serre (20 % en France) et génère un grand nombre de déchets.

Alors que la population mondiale et l'urbanisation continuent leur progression, il devient donc urgent de changer nos habitudes, au risque de mettre en danger notre sécurité alimentaire même.

1. Consommer localement et de saison

L'alimentation représente en France un tiers du transport de marchandises, avec tout ce que cela implique en terme de consommation de gazole, d'émission de gaz à effet de serre et de particules. Acheter des produits locaux permet de réduire directement cette pollution, surtout si on est en plus vigilant sur ses propres déplacements, en regroupant ses courses, en utilisant les transports en commun et/ou en privilégiant les commerces de proximité. Il faut être attentif à la saisonnalité des produits, par exemple éviter d'acheter en hiver des tomates cultivées sous serres chauffées.

Plus d’info : Calendrier saisons fruits et légumes 

Circuits-courts : une solution environnementale autant que solidaire

S'ils ne représentent que 10 à 15 % des achats alimentaires, les circuits courts sont en plein boum en France, avec le développement de la vente directe à la ferme, des marchés et magasins de producteurs, des Amap, drives fermiers, etc. En les privilégiant, vous aurez non seulement un impact environnemental, mais vous soutiendrez également une rémunération plus juste des agriculteurs.

Plus d’info : S’approvisionner en circuit court

2. Opter pour le bio 

Consommer des produits bios c'est réduire l'utilisation des produits apportés aux terres et aux cultures pour améliorer leur rendement. Il existe deux label pour les identifier, le français AB ( « Agriculture biologique ») et son homologue européen, symbolisé par une feuille en étoiles sur fond vert. Ils attestent que 95% des ingrédients agricoles du produit sont bio. Les consommateurs les plus exigeants se tourneront vers le label « Bio cohérence », qui certifie non seulement un produit bio à 100 %, mais aussi fabriqué exclusivement en France à partir de matières premières bio françaises. L’origine géographique n’est pas prise en compte dans la réglementation bio. Vous pouvez donc trouver du bio qui vient de l’autre bout du monde. Soyez vigilant sur la provenance pour ne pas exploser votre bilan carbone.

3. Remplacer une partie de la viande par des légumes secs

En 50 ans, la consommation de viande a presque doublé. Elle est devenue bien supérieure aux recommandations sanitaires (maximum 500 g de viande hors volaille par semaine et pas plus de 150 g de charcuterie). Sa production émet 5 à 10 fois plus de gaz à effet de serre que celle d’1 kg de céréales. Diminuer la consommation au profit de légumineuses (riches en fibres et en protéines) associées à des céréales (pour faciliter leur assimilation) est non seulement possible mais aussi souhaitable, pour vous comme pour la planète !

Plus d’info : Les légumineuses ou légumes secs

4. Éviter les produits industriels 

À la dette environnementale déjà conséquente de l'alimentation, l'industrie agroalimentaire ajoute celle liée à la transformation des produits, leur emballage, conservation, etc. Les ingrédients entrant dans leur fabrication sont par ailleurs bien plus difficiles à contrôler, et notamment leur provenance. Acheter des produits frais et les cuisiner soi-même constituent sans aucun doute une démarche bien plus durable, et là encore meilleure pour la santé.

Plus d’info : Faîtes des économies en adoptant le fait maison 

5. Réduire ses déchets

Près de 30 % des produits alimentaires ne sont pas consommés par l'homme, en raison de perte lors de la chaîne de production ou par le consommateur lui-même. Chacun peut agir sur ce gaspillage en conservant mieux les produits dans son réfrigérateur, en étant vigilant sur les dates de consommation, en cuisinant les bonnes quantités ou en apprenant à accommoder les restes. Les emballages (65 kg de déchets par an par Français) sont aussi à réduire, en privilégiant le vrac, l'eau du robinet, etc.

Un impact sur le portefeuille à relativiser

Si les produits bio et locaux peuvent peser davantage sur le portefeuille, une approche globale du « manger durable » ne coûte pas forcément plus cher (selon vos habitudes alimentaires précédentes). La diminution de la consommation de viande et de produits transformés comme la lutte contre le gaspillage ou le choix de l'eau du robinet et du fait-maison permettent en effet des économies substantielles, qui peuvent compenser l'achat de produits plus soucieux de l'environnement.

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