La CRE estime que la consommation de gaz diminuera fortement au cours des prochaines années : de 17 % d’ici à 2040 dans un scénario médian, et jusqu’à 40 % dans le scénario le plus dynamique. Par un effet de ciseaux (moins de consommation pour financer le réseau) il y aura une augmentation structurelle du coût du réseau estimée à + 3,5 % par an dans le scénario le plus dynamique. Comme le montrait l’étude rendue publique en avril par le Bureau européen de l’union des consommateurs (Beuc) et des associations membres, dont la CLCV, le prix du gaz sera durablement impacté par la baisse de la consommation, qui fait croître le coût du réseau par abonné, et la hausse prévisible de la parafiscalité (systèmes de quotas). Sur le long terme, le gaz coûtera très cher.
La CRE est certes prudente, parfois conservatrice dans ses prévisions, mais donne une direction qui a minima va dans le sens de la décroissance de l’usage du gaz. Au printemps, le gouvernement français a par ailleurs donné une nette priorité aux alternatives au gaz, électrification des usages et réseaux de chaleur décarbonés, pour des raisons écologiques et d’indépendance stratégique.
Le travail de prospective présenté par la CRE consiste à envisager cette planification de sortie au moins partielle du gaz et d’adaptation du réseau. Il met notamment en évidence que, lorsque des portions du réseau de gaz arrivent à terme et nécessitent un nouvel investissement, il est préférable de consacrer cet investissement à faire complètement basculer les usages de chauffage de ce territoire vers des alternatives pour ne pas avoir à renouveler le réseau.
De la même façon, dans les territoires où l’usage de gaz est déjà réduit - les territoires ruraux avec traditionnellement peu d’usagers du gaz, les territoires urbains où les réseaux de chaleur sont déjà importants - il est logique d’envisager, à terme, une bascule plus complète des usages.
Enfin, la CRE constate l’essor de la production locale de biogaz. Pour autant, même croissante, cette production ne peut justifier le maintien d’une situation en l’état. Le biogaz a un avenir mais doit être privilégié, en appoint de la production électrique ou des réseaux de chaleur.
La CLCV a adopté, en mars dernier, lors de son congrès une motion appelant à « penser et agir pour la fin du chauffage au gaz ». Les travaux de prospective de la CRE renforcent notre conviction et notre engagement pour agir sur le terrain auprès des consommateurs afin de les accompagner dans la transition vers des solutions de chauffage plus durables.
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