Les constructions de logements sont à un plus bas historique du fait de la politique menée depuis 2017 : baisse des aides au logement, ponctions brutales chez les bailleurs sociaux, pouvoir d’achat des locataires en berne.

Pour relancer la construction, la sénatrice, également secrétaire générale de la fédération des offices publics de l’habitat (FOPH), propose un habitat au rabais selon les préférences des communes. Au lieu de proposer des logements décents et abordables dans les zones tendues, la sénatrice Estrosi-Sassone propose donc de réintroduire les taudis et les bidonvilles. Les logements insalubres seront autorisés en outre-mer. Conforter l’habitat ne comprend donc aucune notion de confort ou de décence aux yeux de la sénatrice.

Face au manque de logements sociaux dans les zones tendues, au lieu d’investir dans la construction de logements abordables, la sénatrice préfère démembrer la loi SRU. Elle considère que les logements dits « intermédiaires » sont des logements sociaux. Ils sont pourtant plus chers à produire pour le contribuable et sont largement inabordables pour les près de 3 millions de demandeurs actuels. La sénatrice propose également de récompenser les maires qui refusent par électoralisme les logements sociaux, en retirant au préfet la possibilité de construire à leur place des HLM en cas de carences répétées. Le texte réduirait également les amendes et en retarderait le paiement pour les maires réfractaires.

Alors que nos concitoyens s’inquiètent d’un manque de transparence dans les attributions des HLM, la sénatrice veut renforcer le clientélisme et la corruption en donnant un droit de veto aux maires sans motif précis. Elle exige que l’État renonce à ses attributions au profit du maire ou d’Action Logement, sacrifiant au passage les plus précaires du droit au logement opposable (DALO).

Alors que les factures et les impayés flambent dans le parc social, Madame Estrosi-Sassone va augmenter les loyers en cas de travaux pour atteindre ceux du neuf et faciliter les hausses dans le secteur privé, devenu inabordable. 25% des locataires HLM ont du mal à payer leur loyer et 13% sont déjà en situation d’impayé. Beaucoup font appel aux banques alimentaires pour se nourrir et nombreux sont les locataires qui renoncent à se chauffer face à des charges de chauffage astronomiques.

Pour satisfaire les bailleurs sociaux, la sénatrice et secrétaire générale de la FOPH annonce vouloir réduire la ponction annuelle de 1,3 milliard d’euros en vigueur appelée réduction de loyer de solidarité (RLS) et augmenter les APL. Sans budget de l’État et sans garantie de la part du gouvernement, cette annonce relève du vœu pieux.

Cette proposition de loi, sous couvert de conforter l’habitat, l’offre de logements et la construction, favorise les logements indécents, inabordables, et aggrave les soupçons de clientélisme en vue des élections municipales. Rien n’est fait pour les locataires qui subissent de plein fouet cette crise.

Il est urgent de rétablir le pouvoir d’achat des locataires par un gel des loyers des passoires thermiques dans le parc social comme c’est le cas dans le parc privé, une hausse significative des aides au logement face à l’explosion des charges, la réduction des prix du foncier et l’application stricte de la loi SRU dans les zones tendues.

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