L'essentiel à retenir
- Obligation d'afficher le pays d'origine et son pourcentage précis.
- Les mentions vagues type "Mélange de miels non originaires de l'UE" sont supprimées.
- Ces infos doivent figurer sur la face avant du pot.
- Application de la nouvelle réglementation à partir du 14 juin 2026 ( avec une période transitoire).
Une directive européenne du 14 mai 2024 est venue harmoniser les règles, d’information sur le miel au niveau européen. Elle vient modifier des normes datant de 2001 (Directive 2001/110/CE), qui n'étaient plus adaptées aux attentes de transparence des consommateurs d'aujourd'hui.
Renforcement des obligations d'information : ce qui change sur vos étiquettes
Jusqu’à présent, les étiquettes de miel pouvaient rester très vagues, notamment pour ceux issus de mélanges. Il n’était pas rare de voir des mentions comme :
- « mélange de miels originaires de l’UE »
- « mélange de miels non originaires de l’UE »
- D’indiquer tous les pays d’origine du miel
- D’afficher ces informations dans le champ visuel principal
- De classer les pays par ordre pondéral décroissant
- De mentionner le pourcentage correspondant à chaque origine
Par exemple, pour un mélange de miels provenant d’Espagne, d’Ukraine et d’Argentine, la mention suivante sera affichée : Espagne 40 %, Ukraine 30 %, Argentine 30 %.
Fini le flou : l'Europe impose les mêmes règles pour tous
La France avait déjà renforcé la transparence avec une loi adoptée en 2020, complétée par un décret d’application publié en 2022. Toutefois, cette obligation ne concernait que les miels conditionnés en France.
Certains produits importés pouvaient encore utiliser des mentions peu précises. Avec cette nouvelle directive, les règles sont harmonisées au niveau européen. Tous les miels vendus dans l’Union européenne sont concernés, quel que soit leur lieu de conditionnement.
Conditions de tolérance et seuils de proportion
La directive prévoit des aménagements pour les mélanges comprenant de nombreuses origines :
- Une tolérance de 5 % est admise pour chaque proportion, sur la base des données de traçabilité des opérateurs
- Lorsque le mélange comporte plus de quatre pays d’origine, et que les quatre principaux représentent plus de 50 %, seuls ces quatre pays doivent afficher un pourcentage. Les autres sont mentionnés sans pourcentage, mais toujours dans l’ordre décroissant.
A quand les nouveaux pots en rayon ?
La réglementation sera applicable à partir du 14 juin 2026. Toutefois, une période transitoire est prévue. Les produits mis sur le marché ou étiquetés avant le 14 juin 2026 pourront continuer à être commercialisés jusqu’à épuisement des stocks. Les nouvelles étiquettes apparaîtront donc progressivement dans les rayons.
Authenticité et qualité des miels : les anomalies restent nombreuses
La dernière enquête de la DGCCRF sur l’authenticité et la qualité des miels a mis en évidence des anomalies encore nombreuses. En 2021, 40% des établissements contrôlés présentaient des anomalies.
Les principales anomalies relevées portaient sur :
L’utilisation trompeuse de dénominations et mentions valorisantes
Les contrôles menés ont montré que de nombreuses dénominations et mentions valorisantes problématiques étaient utilisées par les professionnels telles que : « miel d’écureuil », « miel de curcuma », «miel de safran », « miel aux truffes », « miel aux noisettes », « miel amande », « miel noisette », « miel O’Noisette » « Miel o’Choco » etc. Elles sont interdites car elles peuvent induire le consommateur en erreur sur la nature réelle du produit. De même les mentions « miel 100% naturel », « miel pur », distinguent abusivement un produit par rapport à d’autres, alors que le « miel », élaboré par les abeilles, est par définition pur.
La mise en avant d’allégations nutritionnelles ( « Source de…», «Riche en…») sans pouvoir les justifier scientifiquement
La reprise d’allégations de santé
A ce jour, aucune allégation n’a été autorisée concernant les bénéfices santé du miel et des produits de la ruche et ne peut apparaître sur les communications commerciales ou sur l’étiquetage.
Par exemple, une coopérative artisanale vendait des pots de miel avec les allégations suivantes :
Pour un miel de châtaignier : « Miel foncé à l’arôme et au goût extrêmement puissants. Il dispose de propriétés qui font de lui un excellent remontant et un tonifiant pour les veines » ; Pour un miel de lavande « Miel clair qui se cristallise assez rapidement et devient alors blanchâtre. Très aromatique, il exerce aussi un effet positif sur les troubles cardiaques et respiratoires » ;
La vente par de faux-producteurs et la francisation
Tandis que la vente directe par des producteurs ou dans des circuits courts est devenue un argument commercial, certains apiculteurs commercialisent, en plus de leur production, du miel de négoce sans le distinguer. Les investigations ont également permis d’identifier la vente de miels de négoce présentés comme issus d’une production locale, ou comportant la mention « artisanal ». Un cas de francisation de miel de négoce a également été détecté chez un conditionneur. La fraude peut aussi concerner les produits dérivés comme la propolis (gomme résineuse issue des bourgeons), la gelée royale, des cosmétiques au miel, etc.
La mise sur le marché de miels étrangers non autorisés.
Conformément à la réglementation de l’Union européenne, il est obligatoire pour les pays tiers qui souhaitent commercialiser du miel vers les pays de l’Union européenne d’être inscrits sur une liste dédiée. Les enquêteurs de la DGCCRF ont constaté chez certains professionnels, la vente de miel en provenance du Yémen, du Maroc, d’Égypte, d’Algérie et du Kirghizistan, pays non inscrits sur la liste. Les professionnels concernés ont dû retirer les produits de la vente.
Des anomalies sur le taux d’hydrocyméthylfurfural (HMF)
L’hydroxyméthylfurfural est un composé qui se forme par décomposition du fructose du miel sous l’effet de la chaleur, du temps ou de mauvaises conditions de stockage. Une teneur élevée en HMF peut modifier le goût du miel. Un seuil bas en HMF témoigne que la qualité du miel est préservée. La réglementation fixe un seuil au-delà duquel le miel est considéré comme non-conforme. De nombreux échantillons de miel analysés en laboratoire présentaient une teneur en HMF supérieure à la limite réglementaire fixée à 40 mg/kg.
La falsification des miels
Les analyses de plusieurs miels ont révélé l’adjonction de sucre. Le miel est alors considéré comme falsifié.
Retrouvez l’intégralité des résultats de l’enquête de la DGCCRF ici
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