Après le rachat de son immeuble et une hausse de loyer de 275 %, Maricarmen a été contrainte de quitter son logement. Ce drame rappelle l'urgence de préserver le logement de la logique spéculative et d'agir, en Espagne comme en France, pour garantir l'effectivité de ce droit fondamental.

Un drame individuel, un système qui broie

Ce qui arrive à Maricarmen Abascal n'est pas un cas isolé, mais la conséquence d'un modèle où la rentabilité prime sur les droits des locataires. Les milliers de manifestants mobilisés en Espagne l'ont bien compris : ils défendent le droit au logement face à sa financiarisation croissante. La CLCV partage pleinement ce combat. Le logement est un droit fondamental. Le laisser aux seules lois du marché, c'est prendre le risque d'exclure les plus fragiles et de fragiliser la cohésion sociale.

La France n'est pas à l'abri

Ce qui se passe en Espagne se joue aussi chez nous. Loyers qui dépassent la capacité des ménages, logements soustraits à la location longue durée, ventes en bloc, congés pour vente : en Île-de-France comme dans de nombreuses métropoles, les locataires subissent déjà cette pression. Soutenir la CECU, c'est défendre les mêmes droits des deux côtés des Pyrénées.

Ce que la CLCV exige

  • Un encadrement des loyers réel et durable, étendu à toutes les zones tendues et assorti de contrôles et de sanctions effectifs contre les abus.
  • Une protection renforcée des locataires âgés et vulnérables : aucune expulsion sans solution de relogement digne et adaptée.
  • Un coup d'arrêt à la financiarisation du logement, en encadrant les rachats d'immeubles en bloc par des investisseurs et les hausses de loyer qui suivent.
  • Un effort massif de production de logements sociaux et abordables, pour sortir durablement de la pénurie.
  • Une action européenne coordonnée, faisant du droit au logement une priorité politique et non une variable d'ajustement budgétaire.

« Personne ne devrait perdre son toit pour le rendement d'un fonds »

« Expulser une femme de 87 ans du logement où elle a vécu toute sa vie illustre les dérives d’un modèle où la spéculation l’emporte sur les droits fondamentaux. La CLCV est aux côtés de la CECU et des locataires espagnols dans ce combat pour le droit au logement », souligne Éric Adachowsky, président de la CLCV.

La CLCV salue la mobilisation des organisations de locataires espagnoles et appelle à une prise de conscience collective dans le reste de l’Europe. Le drame vécu par Maricarmen Abascal doit conduire à des mesures concrètes pour protéger les habitants face à la spéculation et garantir à toutes et tous un accès durable à un logement digne.