Près de 15 milliards de bouteilles en plastique destinées aux boissons sont consommées chaque année en France, dont une majorité de bouteilles d’eau. La politique publique visant à promouvoir l’eau du robinet reste insuffisante, alors même que celle-ci constitue une alternative plus écologique, économique et accessible que l’eau en bouteille.
Le recyclage constitue une avancée positive, mais la priorité doit rester la réduction à la source. Certaines alternatives peuvent être difficiles à mettre en œuvre selon les usages, mais dans le cas de l’eau en bouteille, il en existe une très claire : l’eau du robinet. Le vaste plan mis en place autour du recyclage des bouteilles en plastique illustre les limites du modèle actuel, fondé sur une consommation massive d’emballages jetables. Par ailleurs, il est problématique de mettre en place des politiques publiques ayant pour objectif d’assurer la viabilité d’un secteur dont le modèle est de plus en plus remis en question.
Le récent scandale des eaux en bouteille a mis en évidence les limites du modèle actuel. Dans son rapport publié en 2022, l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) estimait qu’au moins 30 % des marques d’eau en bouteille conditionnées en France avaient recours à des traitements non conformes.
Vouloir éviter la prolifération des bouteilles en plastique passe avant tout par un changement des habitudes de consommation et donc par la promotion active de l’eau du robinet, pour laquelle la CLCV milite depuis des années.
Les récentes contaminations de l’eau potable et la multiplication des restrictions d’usage rappellent l’urgence de protéger durablement la ressource en eau. Eau du robinet et eau en bouteille proviennent d’un même milieu qu’il faut préserver à tout prix.
La priorité doit rester claire : réduire les pollutions à la source, protéger les captages et garantir une gestion durable de l’eau, plutôt que d’encourager une dépendance croissante aux bouteilles en plastique. La consigne peut contribuer à améliorer le taux de recyclage, mais elle ne doit pas être présentée comme l’unique réponse à la crise des déchets plastiques.
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