Un gel des aides au logement qui appauvrira les Français
Geler les aides personnelles au logement en pleine inflation n'est pas une économie budgétaire, c'est une déclaration de guerre aux classes populaires. Les loyers explosent, les charges flambent, et l'État choisit précisément ce moment pour retirer le seul rempart qui empêche des millions de familles de basculer à la rue. Des jeunes sautent déjà des repas et dépendent de l'aide alimentaire pour ne pas se faire expulser. Ce gel va précipiter une vague d'impayés et d'expulsions sans précédent, dans un pays où l'offre de logement abordable est déjà à l'os. Les chiffres présentés au congrès de l'USH à Bordeaux le confirment noir sur blanc, près de 3 millions de personnes attendent aujourd'hui un HLM alors que le marché privé les a purement et simplement exclues. Le gouvernement connaît ces chiffres. Il les ignore délibérément.
Condamner les locataires abandonnés des bouilloires thermiques
Comme si cela ne suffisait pas, le gouvernement ampute de près de 30 % le budget du fonds chaleur, principal outil de financement des réseaux de chaud et de froid, celui-là même qu'il vantait encore en juillet dernier. Cette coupe intervient quelques semaines à peine après une canicule qui a tué plus de 8 000 personnes en France. C'est une décision non pas seulement cynique, mais criminelle envers les locataires les plus vulnérables, laissés à cuire chaque été dans des logements devenus des pièges thermiques. Et pendant que l'État coupe les financements, il prépare en coulisses, avec le projet de loi Jeanbrun, un cadeau aux marchands de sommeil : le droit de continuer à louer des passoires et bouilloires thermiques pendant cinq années supplémentaires, sans la moindre obligation de travaux. Le message du gouvernement est limpide : protéger les profits des bailleurs plutôt que la vie des locataires.
La CLCV accuse et exige des comptes
Ce budget n'est pas seulement injuste, il est dangereux pour la santé et la survie de millions de locataires. La CLCV exige, sans délai, des investissements massifs dans l'électrification, le développement des réseaux de froid, la climatisation et le verdissement des bâtiments et de l'espace public. Faire porter aux locataires le poids de l'inaction climatique de l'État est inacceptable et ne restera pas sans réponse de notre part.
Au congrès de l'USH, la CLCV combattra ce budget de classe avec toute la détermination nécessaire. Nous exigeons une revalorisation immédiate des APL, une baisse de la réduction de loyer de solidarité (RLS) pour relancer massivement la construction de logements sociaux, et des mesures d'urgence pour protéger les locataires face aux prochaines canicules. Le gouvernement doit choisir son camp : celui des locataires, ou celui des rentiers. La CLCV ne le laissera pas se dérober.