Une urgence sociale, un droit à garantir

Le logement est devenu, pour une très grande partie de la jeunesse en France, le premier poste de dépense et l'un des premiers facteurs d'inégalité. Étudiants, apprentis, jeunes actifs ou jeunes travailleurs consacrent une part disproportionnée de leurs ressources à se loger. Ils sont confrontés à un parc social insuffisant et à un marché privé de plus en plus cher, sélectif et parfois illégal. C'est cette urgence-là qu'il faut traiter, pas en désignant des boucs émissaires, mais en garantissant enfin un droit au logement effectif.

Une priorité nationale qui ne repose sur aucune réalité

Les 5,7 millions de logements HLM de France abritent aujourd'hui 17 % des foyers, et tous leurs occupants sont français ou en situation légale sur le territoire. Il n'existe donc aucun
« passe-droit » à corriger : opposer les Français aux étrangers dans l'accès au logement social ne construira pas un seul logement supplémentaire. C'est un écran de fumée qui détourne l'attention des vraies causes de la pénurie : des décennies de sous-production, la hausse des loyers et du foncier, et l'érosion du pouvoir d'achat des locataires.

Abroger la loi SRU : un recul qui ralentira la construction

La loi relative à la Solidarité et au Renouvellement Urbains impose aux communes urbaines de plus de 3 500 habitants (1 500 en Île-de-France) de compter 20 à 25 % de logements sociaux. Entre 2022 et 2025, elle a permis la création d'un million de logements sociaux, notamment dans les communes qui en étaient les moins dotées. L'abroger ne peut avoir qu'un seul effet : ralentir davantage une production déjà insuffisante face à une demande qui explose.

« Le logement est un droit, pas un terrain de division. Les Français qui attendent un HLM depuis des années ont besoin de logements construits, pas de boucs émissaires », déclare Eric ADACHOWSKY, Président de la CLCV.

Supprimer l'APL pour les étrangers : une mesure qui fragilise tout le monde

Cette suppression mettrait en difficulté des familles entières, en situation régulière, qui basculeraient dans l'impayé de loyer, mais elle fragiliserait tout autant les bailleurs sociaux eux-mêmes, qui perçoivent une large part de ces aides directement pour sécuriser le paiement des loyers. C'est donc l'équilibre financier de l'ensemble du parc social qui serait mis en péril.

Un cadeau fiscal de 3 milliards d'euros, pas une solution pour les mal-logés

Allonger de 15 à 30 ans la durée d'exonération de l'impôt sur les plus-values immobilières représente un coût de 3 milliards d'euros pour les finances publiques. Cette somme bénéficierait avant tout aux vendeurs de biens, sans obligation de construire ni de rénover, alors qu'elle pourrait financer la production de logements sociaux que la France attend.

Ce que la CLCV demande réellement

Plutôt que des mesures d'affichage, la CLCV appelle au maintien et au renforcement de la loi SRU, à un plan de relance massif de la construction de logements sociaux et abordables, à un encadrement effectif des loyers dans les zones tendues, et à des aides au logement revalorisées à la hauteur de l'inflation.


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