A lire notre bilan : Bilan de l'observatoire du Fonds réparation des EEE 2025.pdf
Des prix globalement maîtrisés, mais des hausses ciblées
Entre 2024 et 2025, le coût moyen global pondéré des réparations recule légèrement de -1,2 %, traduisant une stabilité d’ensemble des tarifs malgré un contexte de hausse des coûts pour les réparateurs (main-d’oeuvre, énergie, pièces détachées). Cette tendance masque toutefois des évolutions contrastées selon les produits : hausse notable pour les trottinettes électriques (+11,3 %), les lave-linge (+ 4 %) ou les ordinateurs portables (+7,4 %), baisse pour certains segments comme les lecteurs-enregistreurs audio-vidéo (-7,3 %) ou les téléphones portables (-5,4 %).
Ces évolutions montrent que les coûts de réparation deviennent plus sensibles à l’influence de différents facteurs : le prix et la disponibilité de pièces spécifiques, les contraintes d’approvisionnement, le niveau de qualification requis pour les interventions, l’intensité croissante du contenu technologique des produits ainsi que l’ancienneté de certains équipements, qui peut complexifier les opérations lorsque les références de pièces deviennent moins standardisées ou plus difficiles à sourcer. Les modalités de gestion de la réparation peuvent également influer sur les coûts observés, notamment lorsque les interventions sont réalisées en atelier centralisé avec retour postal, en particulier pour le petit électroménager. Enfin, ces évolutions peuvent, dans certains cas, refléter des ajustements de positionnement tarifaire de la part de certains réparateurs à la suite de l’introduction du bonus.
La réparation progresse, mais le maillage territorial du réseau reste inégal
Au 31 décembre 2025, le réseau du Fonds réparation compte 9 896 points de réparation cumulés depuis sa création, contre 8 706 en 2024, vélos à assistance électrique (VAE) inclus, soit une hausse de +14 % en un an. En parallèle, les volumes de réparations prises en charge confirment une montée en puissance marquée du dispositif : le nombre d’interventions cumulées est passé de 895 887 en 2024 à 1 888 208 en 2025, soit une progression de +110,76 % en un an.
Cette progression s’explique à la fois par le renforcement de la capacité opérationnelle du réseau, lié notamment à l’augmentation du nombre de points de réparation, et par une meilleure visibilité du Fonds réparation auprès des usagers, portée en particulier par les campagnes de communication interfilières. Elle s’inscrit toutefois dans un contexte de disparités territoriales persistantes : certains départements demeurent moins bien couverts en points de réparation par habitant, ce qui continue de limiter un accès homogène au dispositif sur l’ensemble du territoire.
L’analyse met également en évidence des écarts de réparabilité entre les marques et les gammes d’équipements. Certaines présentent une réparabilité particulièrement élevée dans le cadre du bonus réparation, notamment Apple pour les téléphones portables et Bosch pour le gros électroménager. Cette performance s’explique par une meilleure disponibilité des pièces détachées et une intégration plus effective au sein du réseau de réparation.
Un reste à charge élevé limite la réparation de certains équipements
En 2025, le bonus moyen par réparation s’établit à 33 €, pour une facture moyenne pondérée de 145 €, soit un taux de prise en charge de 23 %. L’analyse montre que, pour 39 équipements sur 72, le bonus couvre moins de 20 % du coût de la réparation (notamment les réfrigérateurs-congélateurs ou les machines à café tout automatiques). Ce taux, évoqué lors du lancement du Fonds sans être formalisé réglementairement, laisse un reste à charge encore dissuasif, en particulier pour les équipements à faible ou moyenne valeur marchande, en concurrence directe avec l’achat de produits neufs d’entrée de gamme.
Nos recommandations
- Rehausser de manière ciblée le niveau du bonus pour certains équipements dont la réparation apparaît peu compétitive pour les consommateurs, afin de renforcer l’effet incitatif du dispositif.
- Adapter, voire supprimer, les seuils de déclenchement du bonus pour les équipements à forte valeur d’usage mais à coûts de réparation structurellement élevés.
- Réévaluer les objectifs financiers et opérationnels du Fonds, au regard des dépenses effectivement consommées, et renforcer le pilotage du sous-fonds dédié à la formation afin d’accompagner durablement la montée en compétences de la filière de la réparation.
- Élargir le réseau des réparateurs labellisés QualiRépar, en renforçant les actions de recrutement et d’accompagnement des entreprises de réparation sur l’ensemble du territoire
- Renforcer l’accès aux pièces détachées, en agissant sur leur disponibilité, leurs délais d’approvisionnement et leur niveau de prix.
A lire notre bilan : Bilan de l'observatoire du Fonds réparation des EEE 2025.pdf
Crédit photo : © Maksym Yemelyanov - stock.adobe.com