La CLCV prend acte de deux rapports remis au Gouvernement en mai 2026* et publiés le 30 juillet sur le financement de la dépollution de l'eau potable. Ils confirment ce que notre association dénonce depuis des années : la ressource se dégrade, les pollutions se multiplient, les coûts de traitement explosent, et le principe pollueur-payeur, inscrit dans la loi depuis 1964, reste lettre morte.

Les consommateurs paient encore les pollutions du passé

Les chiffres sont sans appel. En 2024, près de 29 % de la population* a été concernée par des dépassements des limites de qualité liés aux pesticides ou aux PFAS**. Le coût de la dépollution de l'eau, aujourd'hui estimé à 750 millions d'euros par an, pourrait générer un surcoût allant jusqu'à 11,3 milliards en cumulant les différents besoins de financement*. Et plus de 90 % des non-conformités proviennent de substances déjà interdites : ce sont les pollutions d'hier qui alourdissent la facture d'aujourd'hui et celles d'aujourd'hui qui alourdiront celles de demain***.

Pendant ce temps, les ménages assument déjà plus de 75 % des redevances liées à l'eau et les assurés sociaux la réparation des atteintes à la santé, alors qu'ils ne sont en rien responsables de ces pollutions. Le pollueur-payeur est devenu, dans les faits, un pollué-payeur. Ce renversement n'est plus acceptable.

Mieux informer, mieux protéger

La CLCV soutient le renforcement de la surveillance des polluants, y compris émergents comme le TFA****, et rappelle qu'un dépassement de limite de qualité n'est pas systématiquement synonyme de risque sanitaire immédiat mais exige une information claire, transparente et accessible pour les consommateurs.

Ce niveau d'exigence sanitaire ne pourra cependant se maintenir durablement que si les pollutions sont réduites à la source et si leurs responsables en assument enfin les coûts.

La CLCV demande :

  • l'application réelle du principe pollueur-payeur ;
  • une réduction ambitieuse des pollutions à la source (pesticides, PFAS) ;
  • le maintien d'un haut niveau de protection sanitaire et du principe de précaution ;
  • une surveillance renforcée des polluants émergents, dont le TFA ;
  • une information claire et accessible sur la qualité de l'eau ;
  • une totale transparence sur les coûts de dépollution facturés aux usagers ;
  • une tarification de l'eau plus juste, protectrice du pouvoir d'achat des ménages.

* Inspection générale de l’environnement et du développement durable, Inspection générale des affaires sociales et Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux, La dépollution des eaux destinées à la consommation humaine (EDCH), mai 2026.  Inspection générale des finances, Le financement de la dépollution des eaux destinées à la consommation humaine (PFAS, pesticides, nitrates), mai 2026. 

** Les PFAS, pour substances per- et polyfluoroalkylées constituent une vaste famille de plusieurs milliers de composés chimiques utilisés pour leurs propriétés antiadhésives, imperméabilisantes, résistantes à la chaleur. On les retrouve notamment dans les textiles, certains produits industriels, pesticides et divers produits de consommation.

*** Cf. Loi d’urgence agricole

**** Le TFA pour acide trifluoroacétique est un PFAS à chaine ultra-courte plus difficile à traiter que les autres PFAS.

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