L’essentiel à retenir

Pour réduire son exposition au cadmium :

  • Ne consommez pas tous les jours les mêmes féculents. Alternez le blé et le riz avec des légumineuses (lentilles, pois cassés).
  • Varier votre alimentation en alternant les sources d’approvisionnement et les origines des aliments

Depuis une quinzaine d’années, les travaux de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) alertent sur une surexposition au cadmium de la population française via l’alimentation. En 2021, une étude nationale menée par Santé publique France entre 2014 et 2016 relevait déjà que près d’un Français sur deux âgé de 18 à 60 ans présentait des concentrations urinaires élevées en cadmium. 

Des résultats en hausse par rapport à la décennie précédente. La dernière expertise publiée par l’Anses en 2026 indique que, malgré une meilleure connaissance du risque, ces dépassements persistent. 

Ce métal lourd, classé cancérogène, mutagène et toxique pour la reproduction, ne pollue pas seulement l’environnement, absorbé par les racines des plantes cultivées, il se retrouve in fine dans notre alimentation. En France, cette contamination des terres agricoles provient à plus de 80 % de l'usage de fertilisants, en particulier les engrais phosphatés. 

Face à ce constat, l'Anses préconise une mesure : abaisser la limite de cadmium autorisée dans ces engrais pour la fixer à 20 mg/kg. L'enjeu est de taille, car la réglementation actuelle est bien plus permissive. Là où l'Europe autorise 60 mg/kg, la France bénéficie d'une dérogation à 90 mg/kg.

Où trouve-t-on du cadmium ?

Les résultats de l’Anses confirment que l’alimentation est de loin la source majeure d’exposition. Elle représente jusqu’à 98 % de l’imprégnation au cadmium dans la population non fumeuse. Ce sont les produits du quotidien qui sont les principaux vecteurs de contamination. En effet, ce métal est particulièrement bien absorbé par certaines cultures comme le riz, le blé et les céréales. Il se retrouve ainsi dans de nombreux aliments transformés tels que le pain, les viennoiseries, les pâtes, les biscuits salés ou sucrés ou encore les céréales du petit-déjeuner. D'importantes quantités sont présentes dans les pommes de terre et certains légumes. D’autres aliments en contiennent davantage : les mollusques, les coquillages, les fruits de mer et les crustacés, les abats (foie, rognons), les champignons et le cacao (ainsi que le chocolat). Ils exposent fortement les personnes qui les consomment régulièrement.

Quels risques pour la santé ?

Même à faible dose, une exposition prolongée au cadmium n’est pas sans risque. Elle peut endommager les reins et fragiliser les os, augmentant le risque d’ostéoporose et de fractures. D’autres impacts sont aussi pointés, notamment sur le neurodéveloppement et le système cardiovasculaire. Parce que la toxicité du cadmium dépend de la dose cumulée sur le long terme, le contenu de notre assiette a son importance.

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Comment limiter son exposition ?

Quelques changements simples dans nos habitudes d'achat et de cuisine permettent de réduire notre exposition. Il est conseillé de limiter la consommation de produits à base de blé, notamment les céréales du petit-déjeuner, gâteaux et biscuits, et de préférer les légumineuses (lentilles, pois cassés) aux pâtes par exemple. Varier votre alimentation en alternant les sources d’approvisionnement et les origines des aliments permet d’éviter une exposition répétée. Certains aliments sont moins contaminés : la viande*, certains poissons* comme le cabillaud, la truite ou le merlu, ainsi que le miel, les fruits et le lait. Manger bio ne suffit pas à se prémunir du cadmium. L'agriculture biologique ne peut pas garantir son absence totale en raison de la pollution environnementale, mais ses normes plus strictes, notamment l'interdiction des engrais phosphatés de synthèse et l'usage limité d'engrais phosphatés naturels, réduisent les apports de contaminants dans les sols.

* en respectant les recommandations de santé publique : limiter la viande rouge pour prévenir les risques de cancer colorectal et varier les poissons pour limiter l'exposition à d’autres polluants. 

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