Faire des déchets des uns les ressources des autres, c’est le principe majeur de l’économie circulaire. Ce concept désigne un modèle économique dont l’objectif est de produire des biens et des services de manière durable, en limitant la consommation, les gaspillages de ressources et la production des déchets. Il s’agit de rompre avec le modèle de l’économie linéaire : extraire, fabriquer, consommer, jeter.
L’idée d’une économie circulaire a été officiellement consacrée dans la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte du 18 août 2015. Elle a en effet reconnu la transition vers une économie circulaire comme un objectif national. Les enjeux de l’économie circulaire, comme ceux du développement durable, sont à la fois environnementaux, économiques et sociaux.
La gestion et la valorisation des déchets
Le meilleur déchet est celui que l’on ne produit pas ! La lutte contre le gaspillage est donc primordiale. Il s’agit de réduire les volumes de déchets jetés en décharge ou incinérés, et de limiter, voire supprimer, la production de déchets dangereux. Une gestion efficace des déchets repose également sur un tri rigoureux de tous les matériaux recyclables ou réutilisables (verre, plastique, papier, métaux, biodéchets…) afin d’en améliorer la valorisation.
La lutte contre l’obsolescence programmée
L’économie circulaire lutte contre l’obsolescence programmée. C’est une pratique par laquelle les fabricants limitent volontairement la durée de vie de leurs produits pour favoriser leur remplacement par l’achat de nouveaux appareils (définition : article L.213-4-1 du code de la Consommation). Une démarche absurde d’un point de vue environnemental car elle nécessite d’extraire toujours plus de matières premières pour fabriquer des produits neufs. Elle est aussi pénalisante pour le pouvoir d’achat des consommateurs, en les incitant à renouveler rapidement leurs appareils. La pratique concerne tous types de produits : appareils électroménagers, collants en nylon, smartphones ou encore véhicules automobiles. En France, l’obsolescence programmée est un délit assorti d’une peine de deux ans de prison et d’une amende plafonnée à 300 000 €.
L’allongement de la durée de vie des produits
Dans un monde où la consommation d’équipements électriques et électroniques (EEE) ne cesse de croître, les enjeux environnementaux liés à leur cycle de vie prennent une importance cruciale. La France a adopté des mesures pour réduire l’impact écologique de ces produits, notamment à travers la loi n°2020-105 du 10 février 2020, loi AGEC (anti-gaspillage pour une économie circulaire). Cette loi vise à l’allongement de la durée d’usage des produits. Elle a créé un fonds dédié au financement de la réparation des équipements électriques et électroniques hors garantie. Il a plusieurs objectifs dont l’augmentation de la visibilité de la filière de la réparation, la réduction des DEEE et la réduction du coût de la réparation des appareils.
Plusieurs dispositions de la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire visent à développer le recours à la réparation des appareils électriques et électroniques par des mesures incitatives. Un indice de réparabilité, un indice de durabilité et le bonus réparation ont été mis en place pour encourager les Français à prolonger la durée d’usage de leurs équipements électriques et électroniques plutôt que d’en acheter un neuf. Pour vous y aider, il y a les repair cafés, des ateliers de réparation collaboratifs. Pour trouver le repair café le plus proche de chez vous cliquez ici
Le textile au sens large bénéficie également d’une mesure incitative à la réparation. Le bonus réparation textile est une remise immédiate lorsque vous vous rendez chez un réparateur labellisé pour faire réparer vos vêtements (hors vêtements en cuir ou en vraie fourrure), chaussures et linge de maison. Ce bonus entre dans le cadre de la loi AGEC et de la REP (Responsabilité élargie des producteurs).
Le saviez-vous ? l’affichage environnemental sur le textile depuis octobre, permet d’avoir une information sur le cout environnemental du textile que l’on achète, ça peut donc favoriser le fait d’acheter un textile qui a un moindre cout et donc de limiter l’utilisation des ressources. Cet affichage reste néanmoins volontaire...
A lire : Bonus réparation textile et chaussures : comment en profiter ?
Que pouvez-vous faire pour l’économie circulaire ?
Pour œuvrer à son échelle au déploiement de l’économie circulaire, il faut retenir l’expression « 3R » : Réemploi, Réutilisation, Recyclage. Les « 3R » contribuent au prolongement de la durée de vie des produits et participent à l’économie circulaire et à la réduction de la production des déchets. Il existe plusieurs manières d’y participer : réparer ou donner plutôt que de jeter, adopter des contenants, sacs réutilisables et favoriser le vrac pour réduire les emballages, bien trier ses déchets ou encore opter pour les marchés de l’occasion et de la seconde main (produits reconditionnés).
Les « 3r »
Réemploi : opération permettant à des biens qui ne sont pas des déchets d’être utilisés à nouveau sans qu’il y ait modification de leur usage initial.
Réutilisation : opération qui permet à un déchet d’être utilisé à nouveau en détournant éventuellement son usage initial.
Recyclage : opération par laquelle la matière première d’un déchet est utilisée pour fabriquer un nouvel objet.
Pour aller plus loin :
- Qu’est-ce que l’obsolescence programmée des produits numériques ?
- Bonus Réparation et label QualiRépar : des réparations moins chères pour faire durer vos appareils électriques et électroniques
- Bonus réparation : ce qui va changer à partir du 1er janvier 2024
- Après l’indice de réparabilité, un indice encore plus durable : l’indice de durabilité
- Fin des emballages en plastique à usage unique : la Stratégie « 3R »