41 questionnaires ont été adressés à différents établissements bancaires, 20 ont répondu. Il convient de souligner que les pratiques des banques évoluent constamment de sorte que les résultats publiés valent pour les offres proposées au 15 avril 2024.
Ainsi, 90 % des banques proposent-elles systématiquement l’éco-PTZ, les 10 % restant ne le faisant que sur demande du client.
En revanche, seulement 5 % des établissements proposent le Prêt avance rénovation. Ce dispositif, anciennement dénommé « Prêt avance mutation », est un prêt hypothécaire à destination des propriétaires souhaitant financer des travaux d'économie d'énergie dans leur logement. Son remboursement s’effectue en une seule fois, lors de la revente du bien ou au moment de la succession. Le prêt est garanti par une hypothèque sur le logement couplée à une garantie de l’État. Il est réservé aux propriétaires pour le financement de travaux permettant d’améliorer la performance énergétique du bien, tels que l’isolation thermique de la toiture, le remplacement de la chaudière ou encore le changement des fenêtres en simple vitrage par du double vitrage. Les conditions de ressources existantes auparavant ont été supprimées au 1er janvier 2024. Comme on peut le voir, il s‘agit d’un dispositif très intéressant pour le financement de travaux d'économie d'énergie. Il est donc très dommageable que les banques ne le mettent pas davantage en avant.
En parallèle, il peut être proposé des emprunts spécifiques aux travaux d'économie d'énergie, plus intéressants que les emprunts classiques. Ainsi, le TAEG pour des travaux hors rénovation énergétique est systématiquement supérieur à celui proposé pour des travaux d'économie d'énergie. Et les différences sont importantes puisque l’écart est, en moyenne et pour un emprunt de 10 000 € sur 36 mois, de + 1,439 pt, soit une augmentation du TAEG moyen de près de 30 % (29,725 %). Cela se traduit ainsi par un surcoût moyen de 226,04 €.
Pour un emprunt de 20 000 € sur 84 mois, la différence est bien plus importante puisque au bout de 7 ans, le consommateur se sera acquitté de 1 069,68 € de plus, en moyenne, par rapport à un emprunt portant sur des travaux d'économie d'énergie.
Assurance comprise, le TAEG évolue de 1,531 pt, toujours pour un emprunt de 10 000 € sur 36 mois, passant ainsi de 6,106 % à 7,637 %, soit une hausse de plus de 25 %. Le surcoût pour le consommateur est alors de 222,55 € dans cette hypothèse, 1 032,81 € pour un emprunt de 20 000 € sur 84 mois.
Enfin, le diagnostic de performance énergétique (ou DPE) peut avoir une incidence sur les prêts proposés en cas d’achat d’un logement, mais cette pratique demeure minoritaire. Ainsi, seulement 35 % des banques de notre panel agissent de la sorte, les 65 % restant déclarant ne pas accorder d’importance à ce document. Cette prise en considération peut porter sur le taux du crédit appliqué ou le montant de l’apport personnel du consommateur.