Eric Barbier, président de l’union départementale CLCV de l’Oise © DR

Pourquoi les locataires sont-ils aussi réticents à l'idée de se porter candidats ?

La réponse est quasi toujours la même : les locataires contactés sont réticents à l’idée de siéger au conseil d’administration de leur bailleur. Que ce soit par peur de compliquer leurs relations avec lui, par manque de disponibilité, par crainte de « ne pas être à la hauteur », les refus sont ainsi très majoritaires. Il n’y a pourtant pas de raison d’appréhender cette mission.

« N’hésitez pas. Devenir bénévole puis représentant des locataires ou élu n’est pas si difficile. Mais attention : on y prend facilement goût. » 

Ne risque-t-on pas de se mettre à dos son bailleur ou de se retrouver bloqué si l'on est élu ?

Concernant la présence sur une liste, jamais un bailleur n’en voudra au locataire. Il a trop besoin d’avoir des représentants de locataires qualifiés face à lui, puisqu’il y est obligé par la loi. Sur une liste présentée par la CLCV, la plupart des candidats élus ne siégeront jamais, seuls ceux qui le souhaitent le feront. Donc pas d’angoisse, ils peuvent accepter d’être sur une liste en précisant qu’ils souhaitent être en position « non éligible ». L’association gérera ensuite la transmission, en cas de départ de l’élu en poste, et ils ne seront pas sollicités.

Comment fait-on quand on craint de manquer de compétences ou de formation pour assumer ce rôle ?

Être qualifié est aussi un motif souvent invoqué quand la CLCV construit ses listes. C’est un vrai problème, mais nous savons le gérer : une personne éligible ne prend pas ses fonctions sans être formée et suivie par l’association. Préparer un conseil d’administration, rédiger un argumentaire, développer un réseau parmi le personnel du bailleur… sont autant de tâches qu’on ne gère pas seul. La CLCV met ses connaissances et ressources à disposition, organise au besoin des réunions avec d’autres bénévoles ou d’anciens élus… Et souvent, l’élu a été bénévole impliqué dans le logement social (animation dans son immeuble ou dans son quartier, traitement des dossiers de litige…) ou a assumé d’autres rôles de représentant des locataires auprès de son bailleur (membre du conseil de concertation locative (CCL) ou des commissions d’attribution des logements et d’examen de l’occupation des logements (CALEOL)…). Ces activités sont très formatrices.

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