Une certaine confusion semble régner actuellement dans le gouvernement entre ceux qui souhaiteraient augmenter les taxes sur le diésel pour des raisons écologiques, sanitaires,  et ceux qui y seraient défavorables pour des raisons économiques et qui défendraient la mise en place d’incitations pour faire évoluer notre parc automobile, qui fonctionne aujourd’hui, pour 60 % au diesel.

Pour la CLCV, le rééquilibrage entre les fiscalités du gazole et de l’essence peut tout à fait se faire en abaissant le poids des taxes pesant sur l’essence, qui représente actuellement  58 % de son prix. Connaît-on en effet une autre dépense contrainte, qui soit taxée à une telle hauteur ?

Toute nouvelle hausse de la fiscalité pesant sur le diesel aggraverait une situation déjà préoccupante pour les consommateurs et serait par ailleurs particulièrement injuste, car pendant des années :

  • tout a été fait pour inciter à l’achat de véhicules diesel en mettant en avant le prix plus bas du diesel, en contrepartie d’un prix d’achat plus élevé des véhicules.
  • il a été affirmé que les pots catalytiques étaient performants et que les véhicules diesel ne polluaient pas plus que les véhicules essence.

Et maintenant, malgré cette responsabilité des pouvoirs publics, nous devrions admettre que les arguments avancés étaient erronés et accepter d’être encore pénalisés sur une dépense contrainte déjà fortement taxée, qui fragilise un nombre croissant de consommateurs.

Pour l’ensemble de ces raisons, la CLCV demande :

  • un rééquilibrage des fiscalités par une baisse de la fiscalité de l’essence au niveau du diesel pour limiter l’intérêt relatif de ce dernier et ne pas pénaliser les détenteurs de véhicules diesel.
  • une réfome de la fiscalité pour l’adapter aux nouvelles conditions économiques et la moduler pour permettre un plafonnement des prix sur la dépense contrainte qu’est le carburant.
  • la mise en place d'une une politique de long terme visant à rendre les consommateurs moins dépendants au pétrole et aux carburants, en développant des offres alternatives (co-voiturage, auto-partage…), en prévenant l’étalement urbain, en affectant des ressources des taxes provenant de la consommation des carburants au développement de transports collectifs publics adaptés et attractifs et à la recherche.