À l’origine du projet, il y a Nur, couturière passionnée. Après vingt ans à la tête d’une boutique de retoucherie, pressing et couture, elle a choisi de tourner une page pour se consacrer à la transmission de son métier. « J’avais envie de changer un peu de registre. Petit à petit, j’ai eu envie de donner des cours, parce que j’aime partager mes connaissances », explique-t-elle. Une reconversion qui s’appuie sur un parcours riche. Outre son activité, Nur a travaillé dans les costumes pour le théâtre et le cinéma. Une expérience qui lui permet d’aborder la couture sous toutes ses facettes.
Des ateliers adaptés à chacun
L’école accueille un public varié. Il y a des débutants, des passionnés mais aussi des personnes qui souhaitent découvrir un métier pour une reconversion professionnelle ou approfondir des connaissances acquises à l’école.
Nur souhaite d’ailleurs développer l’accueil de jeunes en stage, afin de compléter leur formation par une expérience au plus près du métier. Les cours s’adaptent aux envies des participants. Couture, crochet, upcycling… les propositions sont multiples. « Je prends en compte les envies de mes élèves, souligne-t-elle. Par exemple, après avoir identifié leur intérêt pour la création de sacs, je leur ai proposé de concevoir leurs propres modèles à partir de chutes de tissu, en mêlant imagination et techniques professionnelles. » Les séances durent généralement deux heures, un format qu’elle juge idéal pour apprendre efficacement. Les ateliers sont principalement organisés le samedi afin de permettre aux personnes dans la vie active d’y participer.
Ici, on apprend bien plus que des techniques : on partage, on échange, on crée ensemble.
Apprendre pour gagner en confiance
Au-delà de l’apprentissage technique, l’école poursuit un objectif plus large : redonner confiance et révéler les talents. « Pouvoir se découvrir, se dire :« Pourquoi pas ? Je suis capable », c’est essentiel », affirme Nur. Une philosophie qui illustre pleinement l’engagement de la CLCV en faveur de l’éducation populaire. Il s’agit de rendre les savoirs accessibles à tous, de permettre à chacun d’apprendre tout au long de sa vie et de développer son autonomie. Les cours sont aussi des lieux de rencontre où se tissent des liens entre des personnes qui ne se seraient peut-être jamais croisées. « L’école de couture dépasse la simple transmission d’un savoir-faire technique, c’est un lieu de partage, où les gens échangent et ça crée du lien social », observe-t-elle.
Le soutien de la CLCV
Le projet n’aurait pas pu voir le jour sans l’accompagnement de l’union départementale de la CLCV de Seine-Saint-Denis. Elle lui a permis de disposer d’un local adapté, équipé d’une salle de cours, de mobilier et de machines à coudre. « Sans ce local et ce matériel, cela aurait été très compliqué de démarrer », reconnaît-elle. Pour Nur, cette école répond à un besoin qui dépasse largement la couture.
Elle rêve de voir se multiplier ce type de lieux de transmission, qu’ils soient consacrés à la couture, à la cuisine ou à d’autres savoir-faire. « Il faut transmettre les connaissances. Même si l’on n’en fait pas un métier, savoir recoudre un bouton ou réparer un vêtement est toujours utile. » Elle-même a hérité cette passion de sa famille. « C’est ma grand-mère qui m’a appris à coudre. Mon père était tailleur. Je les ai toujours vus faire. Aujourd’hui, j’ai envie de transmettre à mon tour tout ce que j’ai appris. »
Nur dans son école de couture. © DR
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