La plupart des règlements sanitaires départementaux interdisent le lavage des véhicules sur la voie publique, les voies privées ouvertes à la circulation publique, les berges, les ports et les quais ainsi que dans les parcs et les jardins publics. À Paris, cette interdiction figure dans le règlement sanitaire depuis 1979.

Sur une propriété privée (cour, allée, jardin), il n’existe pas de loi interdisant explicitement le lavage d’un véhicule. Toutefois, cette pratique devient illégale dès lors que les eaux de lavage (chargées de savon, de résidus, d’hydrocarbures, d’huiles…) s’écoulent vers la voie publique, le réseau pluvial ou lorsqu’elles présentent un risque de pollution du sol ou des eaux souterraines. En effet, le code de l’environnement sanctionne le fait de déverser ou de laisser s’écouler, directement ou indirectement, des substances susceptibles de polluer les eaux souterraines ou de porter atteinte à la santé, à la faune ou à la flore. Toute personne qui ne respecterait pas les règles s’expose à une amende de 450 € (article 7 du décret 2003-462). Dans les cas les plus graves, lorsqu’une pollution avérée est constatée, la sanction peut aller jusqu’à 75 000€ d’amende et 2 ans de prison (article L216-6 - Code de l'environnement).

En pratique, la combinaison de ces règles fait que le lavage de sa voiture à domicile est très souvent interdit.

Pourquoi ces interdictions ?

Le principal motif de ces interdictions est la protection de l’environnement. Laver sa voiture chez soi implique potentiellement l’usage d’eau, mais aussi et surtout l'utilisation de produits chimiques qui peuvent se retrouver dans les eaux usées. « Les eaux contenant des détergents, des hydrocarbures et de l’huile de moteur rejetées sans rejoindre le réseau d’évacuation des eaux usées s’infiltrent dans le sol avant de rejoindre le cycle naturel de l’eau et polluent sols et ressources en eau les plus proches. », indique le centre d’information sur l’eau.

Certes, vous pouvez considérer que laver une fois votre véhicule devant chez vous au printemps ou en été ne causera pas de graves dommages environnementaux, mais si tout un quartier fait de même, les risques peuvent devenir importants.

Quelles sont les alternatives ?

Il est possible de laver sa voiture chez soi ou sur la voie publique sans enfreindre la loi, en privilégiant le lavage à sec avec un chiffon en microfibres et un produit d’entretien spécifique sans rinçage, donc sans eau. Cette technique n’est cependant pas toujours la plus adaptée si le véhicule est très sale.

Si vous ne pouvez pas vous passer d’eau, le mieux est de vous rendre dans une station de lavage professionnelle. Celles-ci disposent de systèmes de récupération des eaux usées et restent moins gourmandes en eau.

 Pensez-y : laver son véhicule régulièrement permet d’éliminer les éléments polluants, comme les résidus d’huiles, d’hydrocarbures ou de métaux lourds, qui s’accumulent sur la carrosserie et risquent de s’écouler en cas de pluie dans les nappes phréatiques. Mieux vaut donc les rejeter au bon endroit.

Les chiffres du lavage automobile en France

  • 60 % lavent leur voiture chez un professionnel. La fréquence de lavage : 6 fois par an.
  • 35 % sont encore lavés à domicile, souvent dans des conditions non conformes à la réglementation, sans gestion des rejets pollués ni contrôle de la consommation d’eau.
  • 5 % ne lavent jamais leur voiture.

Source:  « L’eau et le lavage auto en France » du département de la Manche en juillet 2025

Crédit photo : © Photographee.eu  - stock.adobe.com