Le don d'organes et de tissus peut, selon les cas, sauver la vie de ceux qui en bénéficient (greffe de cœur ou de peau pour les grands brûlés par exemple), redonner la vue à des personnes malvoyantes (greffe de cornée), permettre de remarcher (greffe d'osseuse), de retrouver une vie normale sans un traitement lourd (greffe de rein), etc.

Quels organes peuvent être donnés ?

Les organes les plus couramment greffés sont le rein, le foie, le cœur, les poumons, le pancréas et des parties de l'intestin. Mais le don concerne également les tissus tels que des os, des artères, des valves cardiaques, des veines, des tendons, des ligaments et la cornée de l’œil.

La plupart de ces organes et tissus ne peuvent être donnés qu'après un décès. Seuls le rein et un lobe de foie peuvent être donnés de son vivant.

Des démarches sont-elles nécessaires pour que mes organes soient donnés après ma mort ?

Non. En France, le principe du « consentement présumé » a été retenu, c'est-à-dire que toute personne est considérée comme un donneur d'organes et de tissus, sauf si elle a exprimé de son vivant son refus de l'être. Pour les enfants, le consentement écrit de chacun des titulaires de l'autorité parentale ou du tuteur est  exigé.

Dans quelles conditions puis-je donner un organe de mon vivant ?

Le don de son vivant ne peut être fait que par un adulte volontaire et en bonne santé et pour un membre de sa famille : père ou mère, enfant, frère ou sœur, conjoint (incluant la personne avec qui est entretenu « un lien affectif étroit et stable depuis au moins deux ans » si ce lien peut être prouvé), grands-parents, oncle ou tante, cousin ou cousine germaine, conjoint du père et de la mère.

La loi permet cependant la possibilité de « don croisé ». Par exemple : Sabine souhaite donner un rein à sa sœur Anne, mais n'est pas compatible avec elle. Richard veut en donner un à sa femme Sophie mais eux non plus ne sont pas compatibles. Or, Richard est compatible avec Anne, et Sabine l'est avec Sophie. Un don « croisé » est possible.

Est-ce que je peux m'opposer au prélèvement de mes organes ou de certains organes ?

Oui. Avant tout prélèvement, les équipes médicales doivent systématiquement vérifier si la personne s'est opposée de son vivant au prélèvement de ses organes et tissus. Le plus sûr est alors de s'inscrire au registre national des refus. Vous pouvez également le dire à vos proches, si possible dans un document écrit daté et signé que vous confierez à l'un d'eux. Si le refus n'a été exprimé qu'oralement, les proches de la personne devront en attester par écrit.

À noter qu'il est possible de refuser le prélèvement de certains organes ou tissus tout en acceptant d'en donner d'autres. Il suffit de le préciser. Une fois inscrit dans le registre national des refus, il est par ailleurs possible de revenir sur sa décision en envoyant un courrier (avec copie de la pièce d'identité) à Agence de la biomédecine, Registre national des refus, 1 avenue du Stade de France, 93212 Saint-Denis-La-Plaine Cedex

Comment sont attribués les organes ?

Les patients ayant besoin d'une greffe sont inscrits sur une liste nationale d'attente, gérée par l'Agence de la biomédecine. L'attribution se fait ensuite selon des règles très précises garantissant l'équité, en fonction de priorités médicales mais aussi de contraintes techniques (distance entre les centres de prélèvement et de greffe, etc.). Certains patients sont  prioritaires comme les enfants ou ceux dont la vie est menacée à très court terme.

Puis-je choisir à qui ira mon don ?

Le don d'organes et de tissus repose sur le principe de l'anonymat (à l'exception bien sûr du don de son vivant à un proche). Il n'est donc possible ni de choisir le receveur, ni même de connaître son nom. La famille du donneur peut cependant demander à l'équipe médicale d'être informée des organes et tissus prélevés ainsi que du résultat des greffes. Le receveur ne sera pas non plus informé de l'identité de son donneur.

Un don d'organes peut-il être indemnisé ?

Non. En France, le don d'organes repose sur la générosité et est entièrement gratuit. Tout paiement, ou indemnisation est strictement interdit. L'ensemble des frais médicaux sont en revanche pris en charge, de même que les frais non médicaux tels que le transport et l'hébergement. Les donneurs exerçant une activité professionnelle peuvent également bénéficier d'un arrêt de travail et d'une indemnité journalière de l'assurance maladie, complétée si besoin par l'établissement préleveur.

Au décès, comment se passe le prélèvement et qu'arrive-t-il au corps ensuite ?

Le prélèvement d’organes n’est réalisé qu’une fois que la mort est dûment constatée et le constat de décès signé. Il s'agit ensuite d'un acte chirurgical effectué au bloc opératoire, dans les mêmes conditions que pour une personne en vie. Une fois les organes prélevés, le corps, habillé, doit être restitué à la famille sans aucune trace apparente de l'intervention.

Si vous souhaitez avoir plus d'informations sur le don d'organes, vous pouvez consulter le site dédié de l'Agence de biomédecine https://www.dondorganes.fr/

 

5 901greffes d'organes ou de tissus réalisées en France en 2019

Des petits miracles rendus possibles par les personnes donnant leurs organes, de leur vivant ou après leur mort (1924). Pour autant, ces chiffres sont loin de suffire au regard des 26 116 patients en attente de greffe.


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