En 2019 déjà, après plusieurs cas d’intoxication grave causés par l'ingestion de plantes toxiques (confondues avec des plantes comestibles), l'ANSES et les centres antipoison avaient lancé une alerte. Alerte renouvelée en 2020. Aujourd'hui, c'est une liste de 58 plantes que publient les autorités sanitaires en lien avec l'Observatoire des espèces à enjeux pour la santé humaine, le réseau Fredon et le Réseau national de surveillance aérobiologique, pour mettre en garde le consommateur des risques que peuvent présenter certains végétaux.

Des risques graves

Entre 9 000 et 11 000 cas d'intoxications aux végétaux par an ont été recensés par les centres antipoison sur ces 3 dernières années (source ANSES), dont une trentaine de cas graves pouvant aller jusqu'au décès. Et ces données ne reflètent qu'une partie de la réalité puisque, comme le rappelle l'Observatoire des espèces à enjeux pour la santé humaine, « elles ne prennent en compte que les données enregistrées par les centres antipoison et pas toutes les consultations chez un médecin, un pharmacien ou encore aux urgences », ni les allergies aux pollens qui touchent au moins 20 % de la population française.

Ces risques peuvent être encourus après une ingestion accidentelle de feuilles ou de baies (notamment par des enfants, mais pas seulement), par contact ou respiration, et peuvent être très variables : allergies respiratoires, réactions cutanéomuqueuse ou cutanées, maux de tête, douleurs abdominales, frissons, altération du rythme cardiaque et signes neurologiques pour les intoxications les plus graves.

Les animaux également vulnérables

Les plantes toxiques pour l’homme le sont aussi généralement pour nos animaux domestiques. Il existe d’autres plantes non toxiques pour l’homme qui le sont pour mistigri et médor. Par exemple en cas d'ingestion importante d'hortensia des troubles cardiaques et nerveux pouvant évoluer vers le coma peuvent survenir. L’ingestion de ficus peut entraîner des troubles digestifs et buccaux, voir un œdème et une atteinte rénale chez le chat.

Vous trouverez une liste des plantes à risques sur le site du centre antipoison animal Ouest.

En cas d'intoxication, contactez votre vétérinaire ou un centre antipoison vétérinaire.

Des plantes parfois très courantes

Parmi les 58 végétaux classés à risque pour la santé, on trouve des espèces assez courantes, comme le dieffenbachia, une plante au feuillage vert marqué de jaune ou de blanc crème dont certaines espèces sont cultivées comme plantes d’appartement. Un enfant qui en mâchouillerait une tige ou une feuille pourrait avoir une sensation de brûlure, un gonflement des lèvres, de la langue et de la gorge et de possibles difficultés à respirer. Un contact de la sève avec la peau peut aussi entraîner rougeurs, démangeaisons et sensation de brûlure. Avec l’œil, la douleur est immédiate et intense et peut entraîner une atteinte de la cornée. C'est pourquoi il est recommandé de porter des gants pour toute manipulation et de se laver les mains ensuite. L'alocasia (ou oreille d'éléphant), le philodendron ou encore le pothos présentent des risques similaires.

Pour certaines plantes, comme l'angélique ou la rue des jardins, c'est le contact cutané, suivi d'une exposition au soleil qui entraînent une atteinte de la peau dite « photodermatose ». Port de gants mais aussi de vêtements longs et couvrants sont conseillés.

Pour vérifier que vos plantes ne font pas partie de ces espèces à risques, vous pouvez consulter le site spécialement créé Plantes-risque.info. Outre le nom et la photo de chaque plante, des informations détaillées y sont délivrées sur les risques encourus, les parties toxiques, les signes cliniques possibles en cas d’exposition ou encore les mesures à prendre en cas d’intoxication.

Une information désormais obligatoire avant la vente

Depuis le 1er juillet 2021, en vertu de l'arrêté du 4 septembre 2020 (relatif à l'information préalable devant être délivrée aux acquéreurs de végétaux susceptibles de porter atteinte à la santé humaine), les distributeurs et vendeurs de végétaux ont l’obligation d’informer le consommateur des dangers de ces plantes et des précautions à prendre et ce, préalablement à la vente.

Ces informations doivent figurer de « manière visible et lisible » sur un document apposé « à proximité immédiate » de la plante et de façon à être « facilement accessible » ou, pour la vente en ligne, sur le même support d'information que celui présentant le végétal.

Que faire en cas de contact ?

Si vous avez été en contact avec ces plantes, la première chose à faire est de rincer abondamment à l'eau les zones exposées – peau, bouche, yeux – et de laver les vêtements ayant été en contact avec la plante.

En cas de réaction cutanée anormale, contactez un centre antipoison ou consultez votre médecin. 

En cas de troubles sévères, de difficultés à respirer ou de détresse vitale, appelez immédiatement le 15 ou le 112.

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