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Démarchage téléphonique : Arrêtez de subir !

01/08/2018 Dernière modification le 24/08/2018
Démarchage téléphonique : Arrêtez de subir !

Le porte-à-porte, c’est dépassé. Aujourd’hui le meilleur ami du démarcheur, c’est votre numéro de téléphone ! Résultat, le démarchage téléphonique, parfois frauduleux, est de plus en plus présent dans le quotidien des Français. Restez sur vos gardes. 

Nous avons tous été confrontés à un commercial insistant au bout du fil cherchant à nous vendre un produit ou un service dont nous n’avons pas besoin. De plus en plus agressif, le démarchage téléphonique est même qualifié de fléau. Il est ressenti comme un véritable harcèlement par de nombreux consommateurs qui se plaignent d’appels intempestifs de sociétés plusieurs fois par jours.

Dans le cadre d’un démarchage téléphonique, le consommateur se trouve en situation de fragilité. Il est dérangé. Il n’a pas le temps, ni forcément la tête, pour réfléchir à ses besoins. Les commerciaux peuvent insister à tel point que certains pourraient dire oui simplement pour s’en débarrasser. Mauvaise idée ! Si vous ne souhaitez pas l’offre proposée, ne vous laissez pas impressionner et n’hésitez pas à dire non et raccrocher.

Les obligations du démarcheur

Dès que vous décrochez, le « télédémarcheur » doit annoncer son identité et l’objet commercial de son appel. Il doit vous informer clairement du prix facturé, la durée d’engagement s’il y a lieu, que vous disposez ou non d’un droit de rétractation et vous indiquer comment il va recueillir votre accord. Les litiges soumis à la CLCV par ses adhérents montrent que cette obligation d’information est très peu respectée. Nous vous mettons donc en garde contre d’éventuelles pratiques malveillantes.

L’acceptation de l’offre

Quand vous êtes démarché par téléphone, la règle est que vous êtes engagé uniquement par votre signature. Dans la pratique vous ne recevrez pas un contrat papier à signer à la maison mais un mail qui vous invitera à donner votre signature sous forme électronique. Un simple clic sur le lien indiqué dans le mail et vous êtes engagé ! Attention, il existe des cas spécifiques : le démarchage pour des produits financiers, où votre accord peut être recueilli par oral. Il faut donc éviter d’accepter l’offre pendant l’appel.

Quelle que soit la situation, exprimez clairement votre refus ou votre volonté de réfléchir à la proposition. Ne donnez pas vos coordonnées bancaires et préférez l’envoi d’un contrat par écrit pour étudier, au calme, la proposition.

Soyez vigilant

Si tous les démarchages téléphoniques ne sont pas des arnaques, il existe des moutons noirs. Leur cible favorite, les personnes âgées, des consommateurs plus vulnérables et qui sont généralement plus sensibles à leur argumentaire.

Quelques signes doivent vous mettre la puce à l’oreille. Première alerte : l’offre limitée dans le temps. La société vous propose un abonnement, un produit ou un service à un prix très intéressant mais…l’offre est limitée dans le temps. Il faut conclure tout de suite sinon vous n’en bénéficierez pas. C’est une méthode de vente, ne tombez pas dans le panneau.

Autre indice, l’appel à un numéro surtaxé. La société vous appelle pour vous présenter une offre. Elle vous demande de rappeler un numéro pour en bénéficier. Ce numéro est surtaxé et le téléprospecteur prolonge souvent l’appel pour que cela vous coûte le plus cher possible ! C’est une arnaque. Vous ne bénéficierez jamais du service souscrit ou ne recevrez le bien acheté. Attention, cette pratique peut aussi se faire sous forme d’un SMS qui demande de rappeler un numéro.

Notre conseil, méfiez des offres trop alléchantes. Si vous êtes tout de même intéressé, demandez l’envoi de la documentation pour prendre le temps de réfléchir et éventuellement d’étudier d’autres propositions. Préférez contacter vous-même un professionnel que vous connaissez, plutôt que de passer un contrat auprès d’une société qui vous a démarché.

5 réflexes pour faire cesser le démarchage

1. Ne répondez pas aux numéros inconnus ou masqués. Attendez le dépôt d’un message sur votre répondeur pour connaître l’identité de votre interlocuteur.
2. Inscrivez votre numéro sur une liste d’opposition auprès de votre opérateur (liste anti-prospection, liste rouge ou la liste orange).
3. Pensez au système d’opposition Bloctel (Conso.bloctel.fr). Une fois votre numéro inscrit sur la liste, les entreprises n’ont plus le droit de vous démarcher sauf si vous êtes déjà client chez elles. Si malgré votre inscription vous recevez toujours des appels commerciaux abusifs, vous devez faire une réclamation auprès de Bloctel. Pour cela, rendez-vous sur le site et remplissez le formulaire en ligne.
4. Utilisez l’option blocage d’appel depuis les paramètres de votre smartphone pour bloquer les numéros insistants.
5. Ne renseignez pas votre numéro de téléphone dans les formulaires ou contrat d’abonnement en ligne que vous êtes amené à remplir par exemple lors d’une commande ou d’une réservation. Si vous devez le donner pour valider votre opération, opposez-vous à sa réutilisation commerciale en cochant la case dédiée. Une seconde case permet de s’opposer à la transmission de ses coordonnées à des partenaires commerciaux. En l’absence de case, contactez le professionnel pour lui faire part de votre refus. Mêmes consignes pour les fiches de renseignements à remplir dans un magasin pour bénéficier d’une carte de fidélité.

Vos recours

Vous avez réfléchi. Vous ne souhaitez finalement pas souscrire à l’offre qui vous a été faite par téléphone. Vous disposez d’un délai de 14 jours à partir de la réception du bien ou, pour un service, à partir du lendemain de votre acceptation, pour vous rétracter. Envoyez un courrier en recommandé avec AR à la société qui vous a démarché. Si vous êtes hors délai, vous êtes engagé.

Attention, si le service a déjà débuté, une consultation avec un médium par exemple, vous ne pouvez plus vous rétracter. En principe, le démarcheur doit vous demander d’exprimer clairement que vous renoncez à votre droit de rétraction… Mais dans les faits, c’est loin d’être le cas. Vous estimez avoir été victime d’une arnaque ? Informez-en la Direction départementale de la protection des populations (DDPP) de votre département ou directement la DGCCRF. Nous vous conseillons également de porter plainte auprès du commissariat ou de la gendarmerie en précisant bien les informations que vous avez sur la société qui vous a démarché.

Dans le cadre d’un numéro surtaxé, c’est votre opérateur téléphonique qui vous facturera le supplément. S’il s’agissait d’une fraude, vous avez la possibilité de demander à votre opérateur le remboursement de ces frais, mais en pratique il est souvent difficile d’obtenir gain de cause. Une fois inscrit sur Bloctel, le consommateur qui continue à être victime de ces appels a la possibilité de dénoncer le professionnel concerné à la DGCCRF. Le professionnel qui ne respecte pas ce dispositif risque jusqu’à 15 000 €, si c’est une personne physique, et 75 000 € si c’est une entreprise.

 

 

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