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Perturbateurs endocriniens : que savons-nous ?

29/10/2019 Lu 1102 fois Dernière modification le 29/10/2019

Perturbateurs endocriniens : que savons-nous ?

Bisphénols A, phtalates, parabens… sont des mots qui sont de plus en plus présents dans notre vocabulaire. Leur point commun ? Ce sont des perturbateurs endocriniens. Focus sur ces substances pour vous permettre d’y voir plus clair.

Selon l’Organisation mondiale de la santé, un perturbateur endocrinien est une substance chimique d’origine naturelle ou artificielle susceptible d’interférer avec le fonctionnement du système hormonal des organismes vivants et donc d’être nocif pour notre santé et l’environnement.

Parmi les perturbateurs endocriniens, on trouve les produits chimiques et les sous-produits industriels. On en compte plus d’un millier. Les plus fréquents sont les phtalates ou le bisphénol A utilisés dans les plastiques, les parabènes employés dans les cosmétiques ou les organochlorés (DDT, chlordécone) dans les pesticides.

Où se cachent-ils ?

Il existe une grande diversité de sources de contamination auxquelles hommes et animaux sont exposés. Les perturbateurs endocriniens sont présents dans notre quotidien aussi bien dans les aliments, les emballages, les cosmétiques, les médicaments, les produits d’hygiène et d’entretien, les jouets, les meubles ou les textiles.

Dans une enquête sur le maquillage pour enfant publiée en juin 2019, la CLCV avait identifié dans des fards et des vernis des traces de BHT, un potentiel perturbateur endocrinien. Beaucoup de ces substances sont également présentes dans l’environnement et peuvent être transférées d’un milieu à un autre (sols, eau, air…) plusieurs années après leur production. Les enfants sont particulièrement exposés car les jouets et les articles de puéricultures contiennent des phtalates.

"L'organisation mondiale de la santé (OMS) recense
800 substances qui ont des propriétés de
perturbateurs endocriniens avérées ou suspectées. "

Quels sont les risques pour la santé ?

En perturbant le système endocrinien, ces substances risquent d’interférer et altérer différents processus tels que la communication entre cellules ou tissus et la régulation d’étapes clés du développement d’un organisme (croissance, reproduction, système nerveux).

Certaines de ces substances sont susceptibles de nuire à la fertilité ou perturber le développement du fœtus. Des études récentes montrent que les perturbateurs endocriniens peuvent également avoir d’autres effets au niveau de l’organisme comme des effets métaboliques, neurologiques ou immunitaires. Leurs effets sur la santé et l’environnement sont encore mal connus par les scientifiques et il existe peu de perturbateurs endocriniens avérés à ce jour.

Comment les éviter dans notre quotidien ?

C’est avec l’alimentation que nous sommes le plus exposé aux phtalates et au bisphénol A. Des pratiques simples limiteront le risque de contact. Évitez les récipients en polycarbonate. S’ils sont désormais interdits à la vente, il peut vous en rester dans vos placards. Pour les reconnaître, regardez s’ils portent le sigle PC ou le chiffre 7 à l’intérieur d’un triangle. Ne chauffer pas vos aliments dans du plastique. Evitez également les conserves, les canettes et la vaisselle en plastique, les emballages en carton ou en papier des aliments fast-food (pizza, burger, etc.) qui sont susceptibles d’être contaminés. Préférez les fruits et les légumes «bio» ou cultivés sans pesticides.

Utilisez le moins possible de produits cosmétiques et de lotions au cours de la grossesse et de l’allaitement. Les ingrédients à éviter sont les phtalates (DEP, DOP, DIN, etc.), triclosan, muscs synthétiques (souvent notés « fragrances »), les parabènes, le phénoxyéthanol, les BHA et benzophénone. Privilégiez les jouets en bois ou en tissu non traités et bannissez les jouets en PVC.

La stratégie du gouvernement
En septembre 2019, le gouvernement a présenté sa stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens. Elle s’intègre dans le dispositif « Mon environnement, ma santé » du Plan national santé environnement qui doit démarrer en 2020 et dont l’élaboration est en cours.
Elle vise à réduire l’exposition de la population à ces substances et la contamination de l’environnement par des actions de recherche et d’expertise, d’information du public (publication d’une liste de perturbateurs endocriniens, campagne de sensibilisation, etc.), de formation des professionnels et par un meilleur encadrement réglementaire (révision de règlements européens qui s’appliquent notamment aux cosmétiques et aux jouets, etc.).
L’Agence française pour la biodiversité a également lancé un appel à projets de recherche pour mieux comprendre les effets des perturbateurs endocriniens sur la santé et la biodiversité.

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Crédit photo : © FAB.1 - stock.adobe.com


 

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