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La CLCV et le développement durable

jeudi, 05 juin 2008 13:47 Dernière modification le mercredi, 04 juillet 2012 18:23
La CLCV et le développement durable

La CLCV s’inscrit depuis son origine dans des actions qui vont au-delà de la défense des intérêts immédiats de ses membres et de la sensibilisation ou de l’éducation afin de faciliter le « passage à l’acte » des individus et des groupes de consommateurs, pour une consommation éco-citoyennne.

Considérant qu’il était possible de bénéficier des améliorations techniques et technologiques sans mettre en cause l’avenir et tout en partageant mieux les richesses au plan local et mondial, elle a fortement contesté au cours des années 70 et 80, dans une campagne pour « vivre mieux, vivre autrement » le modèle de consommation qu’ont voulu imposer producteurs, distributeurs et pouvoirs publics, basée sur la société du « tout à jeter, le pillage et le gaspillage des ressources ».

Lors de la préparation du sommet de Rio elle a fait une contribution sur le rôle des consommateurs en matière de développement durable. Elle a participé activement aux travaux préparatoires du sommet de Johannesburg, notamment sur les questions liées à l’eau, à l’énergie, aux biotechnologies, au commerce éthique et équitable. Elle a animé l’atelier sur ce thème, en lien avec ses homologues consommateurs de plusieurs pays Africains membres de Consumers International.

Elle représente les intérêts des consommateurs et usagers dans de nombreuses instances de concertation et de négociation au plan local, national, européen et international, dans tous les domaines de la consommation, de la vie quotidienne, de l’habitat et du cadre de vie, au sein desquelles elle milite pour une production et une consommation responsables.

Elle est notamment membre du Conseil National de la Consommation, du Conseil National de l’Alimentation, du Conseil National de l’Habitat, du Conseil National du Développement Durable, à la Commission Nationale du Débat Public. Elle participe aux travaux de l’AFSSE, de l’AFSSA, de l’INRA, du CERTU, au Conseil d’administration de l’INERIS, au Comité de suivi du « Grenelle de l’Environnement », etc.

Dans le secteur de l’habitat (locatif, accession, copropriété…), les piliers économiques, sociaux, environnementaux, culturels, démocratiques du développement durable peuvent trouver une traduction concrète auprès des locataires, des copropriétaires et des propriétaires de leur logement. Le droit à un logement choisi et non subi, un logement confortable, économe, sain, facteur de mixité économique et sociale, compatible avec les enjeux environnementaux, constitue un axe fort de l’action de l’association. Elle a été parmi les premiers qui ont mis en avant la nécessité de prendre en compte le « coût global » (technique, économique, social, environnemental) d’un habitat et d’un urbanisme mal conçus, en matière d’investissement et de fonctionnement.

Elle participe au Comité de suivi de la loi sur le droit au logement opposable, aux concertations avec les représentants de bailleurs et gestionnaires, des maîtres d’œuvre, des pouvoirs publics sur le thème de l’habitat durable. Depuis 1981, date de sortie de son guide pratique « Energie des choix pour mieux vivre », elle milite pour une politique volontariste d’économies d’énergies et les énergies renouvelables, notamment dans l’habitat.

Elle anime avec WWF France, avec le soutien de l’Ademe et dans le cadre du programme européen Eurotopten, le guide d’achat sur internet « Topten » qui permet aux consommateurs de choisir parmi les 10 meilleurs produits les plus économes et qui ont le moins d’impact sur l’environnement (appareils électroménagers, voitures, écrans, ampoules…) www.guide-topten.com et un guide d’achat dédié aux acheteurs publics, en partenariat avec 6 grandes collectivités territoriales (Chalon sur Saône, Grand Lyon, Lille, Paris, régions Nord-Pas-de-Calais et Corse) et l’Union Sociale pour l’Habitat : www.guide-toptenpro.com

Les questions énergétiques touchent aussi fortement les transports et déplacements. Depuis des années elle demande que l’on anticipe sur le renchérissement et la fin des énergies fossiles pour des solutions alternatives attractives, efficaces. On ne change pas les règles du jeu en cours de partie, c’est pourquoi elle demande une baisse des taxes sur les produits pétroliers, l’instauration d’une contribution des compagnies pétrolières, et leur affectation au financement de la recherche et au développement de solutions alternatives.

Dans le domaine de l’alimentation et de l’agriculture, elle a été le rapporteur consommateurs du dossier qualité des fruits et légumes au Conseil National de la Consommation et au Conseil National de l’Alimentation. Elle participe aux travaux du PNNS.

Au sein du Conseil National du Développement Durable (CNDD) elle a participé activement aux divers avis et présidé le groupe de travail sur le projet de loi d’orientation agricole, en ayant un rôle central auprès des différentes parties prenantes. Elle agit depuis de nombreuses années, y compris au plan européen pour une agriculture de qualité, qui respecte la santé et l’environnement.

Elle vient de créer avec le soutien de Macif prévention, le site d’information indépendant sur la consommation www.lepointsurlatable.fr, qui offre une information fiable, objective et qui fournit aux consommateurs les clés pour acheter en connaissance de cause tout en mettant le doigt sur les allégations trompeuses ou tendancieuses. 

Elle participe depuis son origine au Comité d’orientation pour des pratiques agricoles respectueuses de l’environnement (CORPEN). L’apport de la CLCV a porté notamment sur la préservation de la qualité des ressources en eau ; elle a notamment demandé la mise en place d’un groupe de travail sur 'Les méthodes alternatives aux pesticides' et un autre sur le phosphore. Elle a participé au Comité de suivi de l’application du règlement EMAS (management environnemental des entreprises et au Comité national des boues d’épuration.

Ayant des représentants dans les 6 Comités de Bassin, elle est particulièrement investie sur les questions relatives à la qualité et au prix de l’eau et de l’assainissement, à la mise en œuvre de la Directive cadre sur le bon état écologique et chimique des ressources en eau.

D’une manière générale elle agit pour la réduction des nuisances à la source qu’il s’agisse des déchets, de l’eau, du bruit, de la qualité de l’air extérieur et intérieur et de toutes les atteintes à la santé humaine et à l’environnement. Elle prône une mise en œuvre concertée des principes de prévention et de précaution et une plus grande responsabilité des producteurs et des distributeurs. La confrontation d’expertises pluridisciplinaires et pluralistes doit permettre de dégager les consensus indispensables en amont de la mise sur le marché des produits et des services.

Elle soutient depuis des années le commerce éthique et équitable et a contribué à un élargissement de la définition de ces démarches. Il ne s’agit pas seulement de se préoccuper des importations en provenance du sud, mais aussi des productions que nous exportons et du commerce intracommunautaire.
Elle a contribué à une prise de conscience sur le fait qu’il ne suffit pas de faire des campagnes de sensibilisation du public pour qu’il modifie ses comportements, mais que la sensibilisation, l’éducation concerne toutes les parties prenantes, qu’un changement significatif des modes de consommation ne sera possible qu’avec un changement des modes de production, de distribution et de décision.

Membre actif du Comité Français pour l’environnement et le développement durable, elle participe aux groupes de travail, notamment sur les achats responsables et apporte des contributions à la réalisation de différents ouvrages de référence, en développant le rôle spécifique des consommateurs dans le développement de l’éco-consommation.

Elle considère que la fiscalité et la conditionnalité des aides publiques doivent favoriser les produits et services sains, loyaux qui respectent la santé et l’environnement, afin qu’ils soient les moins chers pour être accessibles à tous. Cela doit s’accompagner d’une politique de signes de qualité officiels forts et peu nombreux, certifiés par des organismes agréés indépendants des producteurs et un renforcement de la règlementation et des sanctions à l’encontre des publicités et du marketing qui confondent allégations douteuses et information des consommateurs.

Elle s’est opposée aux tentatives de création de marques ou labels « développement durable », tant le chemin pour y parvenir est long ! S’afficher « développement durable » aujourd’hui relèverait de la publicité à induire en erreur. Elle propose plutôt que les différents signes de qualité crédibles (bio, équitable, éthique, écolabel, certifications, etc.) fassent converger leur démarche sectorielle vers une approche plus globale. Pourquoi ne pas imaginer un système du type étiquette énergie ou classement à étoiles des crashs tests voitures, qui permettraient, dans une démarche de progrès continu et de pondération négociée, d’afficher le niveau d’engagement et de qualité qui « concoure » au développement durable.

Elle représente également les consommateurs dans les domaines de la normalisation et de la certification : Comité d’Orientation Stratégique « COS environnement », ONG’s « ONG environnement », Comité Français des Ecolabels, TC 224 Service dans l’alimentation en eau potable et dans l’assainissement, Conseil d’administration ou d’orientation d’organismes certificateurs.

Elle participe comme expert aux travaux communautaires et du Conseil Economique et Social Européen, elle est le représentant des consommateurs Français au Comité Consultatif auprès de la Commission. Présente dès sa création au Forum de consultation pour l’éco-label européen (CUELE). Elle a pris depuis plusieurs années une part active aux travaux du dialogue transatlantique des consommateurs (TACD) et notamment sur les questions de santé, d’alimentation, des OGM. Elle apporte ses contributions aux différentes conventions internationales en rapport avec son activité, ainsi que dans le cadre de la francophonie.

Le développement durable n’existe pas, il est une lutte permanente pour que les besoins puissent être satisfaits dans une logique de développement économique solidaire, respectueuse des droits humains, de l’environnement et de démocratie participative. Ce qui implique de changer les instruments de mesure de la croissance et du progrès.Ces changements profonds ne pourront pas se faire sans les consommateurs et usagers et encore moins contre eux. C’est pourquoi nous demandons que leur rôle d’acteurs socio-économiques soit enfin reconnu au plan national et dans les instances internationales.

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