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Pouvoir d'achat : pourquoi baisse-t-il ?

02/08/2018 Dernière modification le 06/08/2018
Pouvoir d'achat : pourquoi baisse-t-il ?

Plus de huit Français sur dix ont le sentiment que leur pouvoir d’achat a baissé au cours des dernières années, selon un sondage Ipsos Sopra Steria*. Ce sentiment est majoritaire au sein de toutes les catégories de population, et particulièrement fort chez les retraités. Lorsqu’ils font leurs courses alimentaires, les Français sont plus d’un tiers (37%) à faire attention à ce qu’ils dépensent à 5 € près ou moins. Seul un tiers (35%) déclare réussir à mettre de l’argent de côté à la fin du mois.

Baisse des APL de 5 € par mois, augmentation de la taxe carbone et de la CSG pour les retraités, … Cette année, de nombreuses décisions budgétaires, et la reprise de l’inflation sur les biens de consommation courante ont amputé le pouvoir d’achat des Français.

Inflation et taxes ont le vent en poupe

En juin 2018, sur l’année écoulée, l’indice des prix à la consommation a augmenté de 2 %. Les principales hausses concernent les prix de l’énergie et du tabac. Ils ont bondi respectivement de 12,3 % (+ 21 % pour les produits pétroliers et + 6 % pour le gaz) et 16,3 % sur un an. Quant à ceux infographie prix_carburant_taxe_essence_gazole_super95_CLCV___copyde l’alimentation, ils augmentent de 1,9 % sur un an, soit la plus forte hausse observée depuis janvier 2013.

Le 1er juillet, les tarifs réglementés du gaz appliqués par Engie ont grimpé de 7,45 % TTC pour un client moyen chauffé au gaz. Quant aux carburants, à plus de 1,50 € le litre de super 95 et plus de 1,40 € le litre de diesel, les automobilistes n’avaient pas payé leur plein d’essence aussi cher depuis 4 ans. Un coup de massue pour le pouvoir d’achat des ménages qui consacrent en moyenne près de 20 % de leur budget à l’automobile. Cause principale de ces augmentations des prix : la hausse des taxes.

Les mois à venir ne semblent rien augurer de bon pour le pouvoir d’achat. Le gouvernement vient d’annoncer qu’à compter de 2019, le malus écologique appliqué à l’achat de véhicules neufs, en fonction de leurs émissions de CO2, sera de nouveau durci. Le seuil de déclenchement du malus sera abaissé.

Ces multiples hausses touchent les consommateurs dans leurs dépenses quotidiennes les plus essentielles : la voiture, le chauffage, l’électricité et le gaz ou l’alimentation. Ce sont les ménages modestes et les classes moyennes, dont les dépenses contraintes occupent une part importante du budget, qui les ressentent le plus. Selon les régions, l’impact n’est également pas le même. Ainsi l’augmentation du prix du carburant touche plus particulièrement les ménages habitant en zone rurale et en banlieue, dépendant de l’automobile pour se déplacer.

Un tour de passe-passe fiscal

L’augmentation des taxes grignote le pouvoir d’achat. Des mesures de « compensations » ont été mises en place par le gouvernement. Ont-elles un vrai impact sur le pouvoir d’achat de tous les Français ? Le gouvernement a ainsi choisi depuis quelques années de baisser les impôts pesant sur les entreprises et les charges salariales. Des mesures populaires auprès des Français car immédiatement visibles : d’avantage d’embauche et quelques euros de plus sur leur fiche de paie.

Autres mesures ovationnées, la suppression partielle de la taxe d’habitation et la création du chèque énergie. N’oublions pas que 15 % des ménages étaient déjà exonérés de la taxe d’habitation et qu’un grand nombre de Français bénéficiaient d’un abattement. Quant au chèque énergie, il faut rappeler qu’il se substitue au tarif « précarité énergie ». Ce ne sont pas ces mesures qui vont augmenter le pouvoir d’achat…

L’augmentation des taxes « écologiques » et « santé »

L’État a décidé d’augmenter la fiscalité dans deux grands secteurs chers aux consommateurs : la santé et l’environnement. Il a fait le pari que la hausse de la fiscalité dans ces domaines passerait mieux auprès des Français.

Les taxes « environnementales » sont un poids lourd pour le pouvoir d’achat. Leur hausse se répercute sur les prix du carburant (taxe carbone), mais aussi sur les prix de nos produits de consommation courante : taxe sur les produits chimiques ou taxe sur les emballages plastiques qui font payer plus cher, à l’achat, votre bol de salade préparée. À ces taxes il faut ajouter 20 % de TVA sur le prix final.

La CLCV estime que ces taxes, présentées comme ayant vocation à changer les comportements que l’on dit d’intérêt général (par exemple la taxe carbone, pour sauver la planète), sont des taxes de rendement budgétaire qui ont, comme finalité, d'alimenter les caisses de l’État.

taxe pouvoirdachat_Des taxes qui pèsent sur tous les ménages

Il y a un glissement du système fiscal de plus en plus important pour faire supporter, par des taxes, des dépenses de solidarité pour lesquelles chacun contribue de façon égalitaire, et non par le budget de l’État où chacun contribue selon ses revenus. Les taxes pèsent ainsi sur toutes les couches de la population. Les augmentations sont les mêmes pour tous les ménages quels que soient leurs revenus. Résultat, un impact immédiat sur leur pouvoir d’achat et leur reste à vivre.

Taxes sur l’énergie : 23 milliards d’euros de recettes pour 4 milliards redistribués aux Français

Selon le rapport du Comité pour l’économie verte de 2018, les ménages français payent près de 23 milliards d’euros de taxes sur leur consommation énergétique fossile, comprenez, pour se chauffer et se déplacer. L’État ne leur redistribue qu’un peu plus de 4 milliards en subventions directes principalement au moyen du crédit d’impôt transition énergétique (CITE), du taux réduit de TVA sur les travaux de rénovation énergétique et du chèque énergie.

Mauvais point pour notre système fiscal qui se base sur le principe d’iso-fiscalité : l’augmentation des taxes doit être compensée par une redistribution équitable. 23 milliards d’euros contre 4 milliards, on est loin du compte.

Une redistribution qui a un impact faible sur le pouvoir d’achat comme l’illustre le chèque énergie. D’une valeur de 150 €,(200 € en 2019), il permet aux ménages les plus modestes de régler une partie de leur facture d’électricité ou de gaz. Certes, c’est une aide bienvenue, mais face à une facture moyenne de chauffage de 1 475 € (gaz) et 1 750 € (électricité) par an** et comparé au montant récolté par les taxes cela semble une aide ridicule.

* Ipsos / Sopra Steria pour France Télévisions et Radio France (Mars 2017)
**Enquête QuelleEnergie.fr (2017)

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