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Loi alimentation - La hausse des prix de certains produits alimentaires est-elle la solution ?

31/01/2019 Lu 5518 fois Dernière modification le 28/02/2019

Loi alimentation - La hausse des prix de certains produits alimentaires est-elle la solution ?

À partir du 1er février, la loi alimentation relève le seuil de revente à perte dans la distribution. Une mesure qui va provoquer la hausse du prix de certains produits alimentaires. Le but, une meilleure rémunération des producteurs. Pas si sûr…

 

Votre caddie va-t-il vous coûter plus cher dès demain ? Une des mesures de la loi alimentation, la hausse de 10 % du seuil de revente à perte (SRP) sur les denrées alimentaires qui s’applique dans la distribution, le 1er février, devrait entraîner l’augmentation des prix de certains produits alimentaires de grande consommation a indiqué Didier Guillaume, ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation, au micro de franceinfo. Il précise qu’il y aura « 4 % des produits qui vont augmenter beaucoup. »

Le but recherché par le gouvernement est d’obtenir une meilleure rémunération des producteurs. La CLCV est plus nuancée et doute de l’efficacité de cette mesure.

Le seuil de revente à perte, c’est quoi ?

Le seuil de revente à perte est la limite de prix en dessous de laquelle un distributeur ne peut revendre un produit. Si un distributeur achète un produit à 1 euro (paiement du fournisseur et coût de transports prix inclus), il doit le revendre au minimum à 1 euro en rayon. À partir de vendredi, avec la hausse du SRP de 10 %, il ne devra pas le vendre en dessous de 1,10 €.

Quels produits sont concernés ?

Le SRP concerne les produits alimentaires. Il s’agit des « produits d’appel », c’est-à-dire les produits pour attirer les consommateurs, vendus à très faible marge. Ils représentent 7 % des denrées alimentaires vendues. Ce sont des produits appelés « transformés » tels que les biscuits, les pâtes à tartiner, des fromages ou encore l’alcool. Selon le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, dans les supermarchés, « 500 produits sur 13 000 » devraient ainsi augmenter le 1er février, alors que dans les hypermarchés, « c'est 800 produits sur 20 000 » qui sont concernés.

Quel est l’objectif recherché ?

« L’objectif est que les produits agricoles soient vendus à leur juste valeur », a indiqué le ministre sur franceinfo. Concrètement Le gouvernement espère avec relèvement du SRP, et donc l’augmentation des marges sur certains produits pour les baisser sur d’autres, ait pour contrepartie, une meilleure rémunération des agriculteurs rémunérés en dessous de leur prix de revient. Rappelons que la hausse du SRP est une mesure qui s’applique à titre expérimental pour une durée de deux ans. Si à terme, elle n’a pas l’effet escompté, elle ne sera pas pérennisée.

La hausse du SRP est-elle la solution ?

La CLCV ne pense pas que l’augmentation des prix des produits d’appels permettra une meilleure rémunération des agriculteurs. « Ce qui serait intéressant pour les agriculteurs c’est d’avoir des tarifs négociés directement avec toute la chaîne de production jusqu’au distributeur », souligne Wendy si Hassen, chargée d’alimentation de l’association. « Il n’y a en effet pas d’assurance que l’augmentation des marges sur les produits d’appel entraîne automatiquement les distributeurs à diminuer leurs marges sur les produits agricoles. Au final, on risque d’augmenter les prix pour les consommateurs, surtout les plus modestes, sans plus de garantie pour les agriculteurs. C’est dommage. » 

À l’heure où la question du pouvoir d’achat est très sensible, la mesure a du mal à passer pour les consommateurs. Notre association est donc sceptique quant au relèvement du SRP qui va entraîner des augmentations de prix pour les consommateurs sans garantie que ce ne soit pas uniquement les distributeurs qui soient gagnants. Quelles marges pour les distributeurs et les transformateurs, quels prix payés aux agriculteurs ?... Les consommateurs s’interrogent, l’argent va-t-il vraiment bénéficier aux agriculteurs, ou va-t-il augmenter uniquement les marges des distributeurs ? Seule plus de transparence sur la formation des prix tout au long de la chaîne, de la production aux distributeurs pourrait, les rassurer.

Crédit photo : Pixabay

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