Création de la Confédération Nationale des Associations Populaires Familiales
A la suite du Mouvement de Libération Ouvrière, les militants qui prônent l’indépendance de leur action vis-à-vis du politique, créent en 1952 la Confédération Nationale des Associations Populaires Familiales (CNAPF) pour regrouper et organiser les différentes associations populaires locales qui existent depuis quelques années autour ou à l'intérieur du MLO.
Des actions significatives sont menées pour le droit au logement, pour les mal logés, des occupations de logements vides (squattages). Ces actions contribueront à la création
de la loi de 1956 interdisant les expulsions pendant la période d'hiver.
Des services collectifs sont créés : machines à laver utilisées en commun, laveries, ateliers de réparations, crèches. Pour faire face à l'augmentation des prix, des groupements d'achats sont organisés. Certains se transformeront en coopératives.
Des centres aérés, des maisons familiales de vacances voient le jour. Des services d'aides familiales sont constitués préfigurant les services de travailleuses familiales et d'aide à domicile.
Dès le départ, la CNAPF joint à l'action sur le terrain l'action institutionnelle. Elle siège dans les Commissions du Plan et devient un interlocuteur des pouvoirs publics.
La culture est aussi une préoccupation importante. Elle se concrétise dans des bibliothèques pour les militants, dans des activités éducatives.
La CNAPF prend conscience de l'importance de l'urbanisation accélérée et des bouleversements qu'elle entraîne.
Le manifeste de l'Assemblée générale de 1954 affirme l'importance d'une organisation des consommateurs. "(...) C'est en coordonnant les forces que représentent d'une part les producteurs et d'autre part les consommateurs et usagers que les travailleurs arracheront des améliorations matérielles et bâtiront des structures nouvelles. Nous aurons à promouvoir l'Organisation des consommateurs (...) et de plus en plus à susciter l'action et la représentation des usagers. C'est l'ensemble de cette action (action gestionnaire, représentation, défense et organisation des consommateurs, action directe, action sur l'opinion) qui pourra donner une vie véritable à l'APF".

Promouvoir l’Organisation des consommateurs
La période est toujours difficile. Le poids de la guerre d’Algérie se fait sentir. Au cours de ces années, la CNAPF se prononce pour l’indépendance de l’Algérie.
La CNAPF mène une action importante dans le domaine économique et pose un certain nombre de revendications sur le plan qualitatif. Elle publie un "budget-type" axé sur les réalités et les besoins. Elle présente et fait élire des administrateurs aux Caisses de sécurité sociale et d'Allocations familiales. Des campagnes sont menées pour le relèvement des allocations familiales, l'amélioration des conditions de vie et de santé des familles, particulièrement des mères.
Elle lance en 1959 un premier grand débat dans la Confédération sur la consommation et sur les moyens de l'information des consommateurs. Un "concours du meilleur acheteur" est organisé.
Dès 1957, les APF dénoncent les "malfaçons et cocasseries » dans les HLM et lancent en 1959 une grande enquête sur habitat, complétée par de nombreuses actions pour l'amélioration de l'environnement immédiat : aménagement des quartiers, conditions d'hygiène, pollutions industrielles.
La qualité de l'enseignement, les conditions de vie à l'école, le coût de la scolarité font l'objet de campagnes nationales.
La généralisation des écoles maternelles est demandée La question est posée de la place des jeunes du "baby boom" et de leur arrivée sur le marché du travail.
La CNAPF revendique, en 1962, le droit au congé-éducation pour les responsables des associations familiales. Lors de son 10ème anniversaire, 1000 délégués enthousiastes se retrouvent dans la grande salle de l'Unesco, montrant leur représentativité.

Des actions contre la hausse des prix
C’est l’explosion de la société de consommation et le développement du crédit à la consommation. La grande valse des prix continue. La CNAPF lance un certain nombre d’actions contre la hausse des prix et des campagnes d’informations sur les risques du crédit mal maîtrisé. En 1964 est créé le grand concours de la "Coupe de France des meilleurs consommateurs". C'est à cette période que démarrent des actions sur la qualité de l'eau et que les locataires des appartements meublés commencent à se regrouper.

Pour un syndicalisme familial résidentiel
Les événements de mai 68 coïncident avec l'affirmation par la CNAPF de la nécessité de définir un nouvel "art de vivre".
Elle demande, avec d'autres associations familiales, "une véritable démocratie sociale, économique et culturelle".
De grandes batailles avec les habitants s'engagent pour la maîtrise et la baisse des charges locatives en même temps que se développent les Comités Logement.
La CNAPF fête ses 20 ans en 1972 : elle proclame un manifeste pour un "syndicalisme familial et résidentiel ", prémisse de ce qui deviendra peu à peu un syndicalisme du cadre de vie. Elle a la volonté de promouvoir un pouvoir des usagers.

La CNAPF se transforme en Confédération syndicale du Cadre de Vie (CSCV)
En 1973, La CNAPF qualifie son action de "combat familial". Les actions s'intensifient dans les ZUP (Zones à Urbaniser en Priorité). Des expériences de participation des habitants à la rénovation de leur quartier se font jour. L'APF crée des « ateliers populaires d’urbanisme ».
Face à la hausse des prix la CNAPF organise « l’opération 3-6-9 ». Les consommateurs sont invités à refuser d’acheter et de consommer de la viande pendant 3 jours, des fruits pendant 6 jours, de l’eau en bouteille pendant 9 jours. C’est aussi la période des actions contre les additifs (colorants, produits nocifs), des appels au boycott des produits. En 1975 elle est agréée comme association nationale de consommateurs.
Après avoir choisi, en 1975, de promouvoir une Société de type autogestionnaire, la CNAPF se transforme en 1976 en Confédération Syndicale du Cadre de Vie (CSCV) abandonnant ainsi sa référence d'association familiale pour un titre correspondant mieux à son activité plus vaste. Il s'agit de développer, à côté du syndicalisme d'entreprise, un syndicalisme du cadre de vie. A côté de la citoyenneté politique doit exister une citoyenneté économique.
En 1976, la CSCV revendique des "conventions collectives de l'habitat et de la consommation". Elle manifeste, en s'appuyant sur l'action de terrain, une présence active dans les institutions : afin d'être présent dans les lieux où se préparent les décisions pour faire entendre la voix des usagers.
A cette époque, la CSCV dénonce les dérives de la société de consommation : "Peu importe l'énorme gaspillage qui en résulte : matières premières, énergie, coût, l'essentiel pour les fabricants reste la réalisation de profits maximum sous couvert de service à rendre au consommateur (...) La CSCV refuse cette logique, à la valeur marchande des produits elle oppose la valeur d'usage : qualité, durabilité, utilité, satisfaction de besoins individuels mais aussi collectifs, favorisant la vie sociale, ajuste prix".
Dans le secteur du logement les "accords Delmon", négociés entre organisations de bailleurs et de locataires établissent des recommandations en matière de charges et de loyers. A partir de 1977, avec l'affiliation de l'association nationale des copropriétaires résidents, se développe l'action dans le secteur de la copropriété.
Qualité de la vie et démocratie participative
Inflation galopante et endettement des ménages, montée du chômage marque cette époque. En 78, est votée la loi sur les crédits à la consommation et la protection des consommateurs en matière de sécurité et de clauses abusives, suivie un an après par la loi sur le crédit immobilier.
"Impôts locaux, impôts injustes", "le logement devient un luxe, refusons les augmentations" sont deux temps forts de l'action de cette période.
La CSCV engage une campagne nationale pluriannuelle "Vivre mieux, vivre autrement" remettant en cause les modes de production, de distribution, de développement. Refusant aussi bien "l'urbanisation inhumaine", les hormones et les colorants dans l'alimentation, le "tout nucléaire", elle prône la réduction des nuisances à la source (eau, bruit, déchets, transports...), le développement des énergies renouvelables, le recyclage des ordures ménagères et contribue à la naissance des "éco-produits".
Elle agit pour qu'entre dans les faits ce qu'elle appelle alors le "droit syndical sur le cadre de vie". En Lorraine est signée, après une action exemplaire, la première convention avec une grande surface qui reconnaît le droit "à libre expression à titre permanent" pour les consommateurs à l'intérieur des magasins dans lesquels la CSCV obtient un panneau d'affichage.
En 1982 est votée la loi Quilliot. La CSCV, qui a produit 60 amendements au projet de loi, l'accueille comme une avancée importante. C'est la reconnaissance du droit au logement, des droits individuels et collectifs des locataires.
La CSCV s’affirme plus nettement Organisation de consommateurs et d’usagers
Un événement important pour les locataires en 1983 : l'élection de leurs représentants des locataires dans les Conseils d'administration des Offices publics HLM et OPAC. La CSCV obtient près d'une centaine d'élus, devenant ainsi la deuxième organisation nationale des locataires, ce qui sera confirmé lors des élections suivantes en 1986.
Elle poursuit son action pour obtenir un nombre plus important de sièges dans ces Conseils et pour l'élargissement de ce droit aux Sociétés Anonymes d'HLM. Cette année 1983 voit aussi le retour des élections des administrateurs des Caisses de Sécurité Sociale. La CSCV intervient, mais sans succès, pour que les Organisations d'usagers puissent présenter des candidats. La CSCV s'engage également dans la renégociation des prêts des accédants à la propriété du fait du recul de l'inflation.
Une grande enquête nationale est lancée sur la connaissance des prix avec l'organisation du "hit parade du camouflage" des grandes surfaces et un rappel vigoureux de la revendication "un prix marqué sur chaque produit". La CSCV crée en 1983 l'Institut de Formation du Cadre de Vie et elle est agréée comme Association nationale d'Education populaire.
En 1987, l'enquête nationale porte sur les hausses abusives de loyers. Dans de nombreuses instances locales et nationales de concertation et de conciliation, la CSCV revendique des moyens équivalents à ceux dont bénéficient bon nombre de structures professionnelles. Leurs moyens sont financés par des taxes para-fiscales payées par... les consommateurs. Mais cela est refusé par les pouvoirs publics.
A la même époque, la loi Méhaignerie prévoit notamment la défiscalisation des investissements spéculatifs et, si elle maintient les droits collectifs des locataires, elle réduit le nombre de leurs représentants statutaires et supprime les sanctions à rencontre des bailleurs qui n'appliqueraient pas la loi.
Pendant ces années, la CSCV s'adapte aux évolutions de la société et à la demande des usagers et consommateurs. Le congrès de Bordeaux en 1985 est orienté sur le thème "Le cadre de vie, un enjeu pour l'avenir, la CSCV au rendez-vous".
Elle s'affirme plus nettement comme une force de proposition et donc acteur au plan économique et social.

Des initiatives au niveau européen
Ses trente années d’actions concrètes sur les questions d'environnement sont enfin reconnues en 1990 par l'agrément de la Confédération comme Association nationale de protection de l'environnement.
A son congrès de 1988 à Angers, la CSCV lance un appel pour construire un grand mouvement usagers-consommateurs. Elle définit des critères du type d'organisation qu'il lui semble nécessaire de créer pour répondre aux besoins des usagers : présence active sur le terrain, indépendance vis-à-vis des partis, des syndicats, des professionnels ; développer la solidarité, permettre aux usagers-consommateurs d'être des citoyens actifs.
Une série d'actions et d'enquêtes nationales est organisée pendant ces années : santé et prévention sur le cadre de vie - les produits propres - l'ouverture des magasins le dimanche - le contrôle des charges locatives de copropriété - la tarification de l'eau - la collecte sélective des déchets, les emballages inutiles, les éco-produits, etc.
Les locataires des Sociétés Anonymes HLM obtiennent enfin le droit d'élire leurs représentants dans les Conseils d’administration.
En 1990, la CSCV crée la FE.DE.CO. (Fédération de Défense des Copropriétaires) et l'Association nationale des administrateurs locataires dans les Offices publics HLM et les OPAC.
Elle prend des initiatives au niveau européen : actions communes avec les homologues italiens et luxembourgeois sur le logement des plus démunis, organisation d'un colloque sur le thème "Consommateurs en Europe" auquel participent 250 personnes dont des représentants des pays de la Communauté. Elle adhère au Bureau Européen des Unions de Consommateurs.
Un congrès extraordinaire, en octobre 1991, se réunit pour mettre les statuts en concordance avec les pratiques et les réalités de la période. Un changement de sigle est envisagé.
En 1992, la CSCV est la première organisation française des consommateurs à tenir son congrès national dans un autre pays de la Communauté européenne. Le congrès de Lioret-de-Mar en Espagne, près de Barcelone, précise les orientations fondamentales de l'association.


La CSCV devient la Confédération de la Consommation, du Logement et du Cadre de Vie (CLCV)
La CSCV poursuit ses activités en les développant. En 1998 un congrès prend la décision de changer le titre de l'organisation. Elle s'appelle désormais la Confédération de la Consommation du Logement et du Cadre de Vie (CLCV). La signature de son nouveau logo "citoyens au quotidien" indique le sens de son action, que l'on retrouve tout au long de son histoire. En 1994, elle devient membre de Consumers International.
Un service téléphonique « SOS consommateurs » est mis en place pour les adhérents. Des juristes répondent à leurs questions. Dans les actions, l’accent est mis aussi sur les problèmes de surendettement, des déchets, de la santé, de la sécurité alimentaire, particulièrement à propos de la "vache folle", des Organismes Génétiquement Modifiés (OGM). A ce sujet, elle demande que les consommateurs puissent avoir un choix réel et qu'une information claire soit faite de la présence d'OGM ou d'extraits d'OGM dans leur alimentation. Elle édite plusieurs brochures pour l'information des consommateurs, organise des débats publics.
Elle intensifie ses actions de promotion d'une consommation "éco-citoyenne", et œuvre pour que les principes de développement durable s'inscrivent dans les modes de production, de distribution et de consommation.
Les différents modes de transports font aussi l'objet d'actions vigoureuses avec l'ADV (Association de Voyageurs) concernant les tarifs, la qualité des transports (notamment les retards), l'information des voyageurs, la sécurité. La CLCV siège dans des Commissions consultatives à la SNCF, à la RATP, au Comité des Usagers du Transport Aérien. En 1997 elle est agréée comme association éducative complémentaire de l’enseignement public.
En vue de l'arrivée de l'Euro, pour sensibiliser les consommateurs au futur changement, un important effort d'information est fourni : une plaquette à grand tirage "Bientôt l'Euro, quelles conséquences dans notre vie quotidienne ?" , est diffusée dès 1998. Un jeu de société "Euro'Go" est édité.
Et vers l’avenir…
En professionnalisant son réseau, elle met en place de nouvelles modalités d'action et de fonctionnement prenant en compte les nouvelles formes de bénévolat et d'engagement dans la vie associative.
Poursuivant la recherche entamée depuis de nombreuses années pour améliorer l'information des consommateurs avec une collection de guides pratiques et juridiques, la CLCV se dote en 2002 d'un véritable magazine grand public. La nouvelle formule de "Cadre de Vie", titre créé en 1976, se définit comme le premier magazine de la consommation citoyenne, et ouvre les nouvelles pages de l'association sur l'avenir.
Elle développe son action au plan international, participe activement aux travaux organisés dans le cadre du "dialogue transatlantique des consommateurs" avec les pouvoirs publics européens et américains et les organisations de consommateurs des deux continents, sur des grands sujets comme la sécurité alimentaire, le commerce électronique. Cette action s'organise aussi dans La cadre des échanges de la francophonie.
Lors du Congrès de Consumers International en 2000, elle a fait des propositions pour créer un rapport de force plus favorable aux consommateurs des différents continents vis-à-vis des entreprises multinationales. A l'occasion de la préparation du sommet mondial du développement durable de 2002 à Johannesburg, elle a mis en chantier avec ses homologues africains plusieurs programmes d'actions coordonnées.
Depuis elle participe activement à tous les travaux portant sur les modifications des modes de production, de distribution, de consommation et de décision, pour la prise en compte des conséquences en matière de dérèglement climatique.
Lors de son congrès de 2004, elle réaffirme fortement la nécessité d’inverser les logiques : il faut mettre l’homme et l’écologie au centre des décisions politiques et économiques, conditionner les aides publiques et la fiscalité pour que les produits sains, loyaux, qui respectent la santé et l’environnement, soient les moins chers.
Après avoir milité pendant plus de 15 ans pour la reconnaissance de la faillite civile et pour l’introduction en droit français de l’action de groupe des consommateurs. Elle voit ses efforts aboutir avec la loi sur le « redressement personnel », et le projet de loi sur l’action de groupe, fortement combattu par les entreprises, est devenu un projet de loi…. qui reste à confirmer ! Pour faire aboutir ce projet elle s’associe avec l’UFC avec un site commun « ensembleenjustice.org ». Ses revendications des années 70 sur le droit d’usage, voient une concrétisation en 2007 avec la loi sur le Droit au Logement Opposable.
En 2007, elle est agréée comme association représentant les usagers dans les instances hospitalières ou de santé publique. Avec WWF France elle développe en France le guide d’achat sur Internet « Topten », concept européen présent dans une douzaine de pays, qui permet aux consommateurs de choisir les produits les plus économes en énergie et qui on le moins d’impact sur l’environnement. En 2008 est lancé, en partenariat avec des collectivités territoriales et l’Union Sociale pour l’Habitat, le guide « Topten Pro » dédié à la commande publique. Elle crée avec le soutien de la Macif et du groupe chèque déjeuner, le portail indépendant de référence sur l’alimentation « Le Point sur la table ».
En 2008 et 2009, elle publie une nouvelle collection de guides pratiques et juridiques. Elle participe aux travaux préparatoires et au comité de suivi du « Grenelle de l’environnement » et au débat public qui s’instaure sur les rayonnements électromagnétiques et les nanotechnologies. Elle crée une coordination nationale des usagers de l’Assainissement Non Collectif des eaux usées domestiques et ouvre les sites www.spanc-clcv.org et www.locataires.clcv.org.
Elle diffuse à plus de 400 000 exemplaires une brochure destinées aux locataires du logement social « Locataires ce qui nous attend » à la suite des atteintes à leurs droits depuis la loi logement de 2009.
Les prochaines pages peuvent s’écrire avec vous
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