Red Bull a ouvert le bal en novembre 2009 en mettant sur le marché une version concentrée de sa boisson phare sous forme d’une mini canette de 6 cl. En décembre, Coca-Cola et Pepsi lui ont emboîté le pas en déclinant leurs boissons Burn Energy et Dark Dog sous de nouveaux formats, beaucoup plus concentrés en caféine.
Effet indésirables
Devenus très populaires dans les boîtes de nuit et les bars, ces breuvages énergétiques servent fréquemment à la préparation de cocktails détonants, coupés par exemple avec de la vodka ou de la tequila. En cas de mauvais mélanges ou de consommation excessive, des effets indésirables - nausées, vomissements, tremblements, irrégularité du rythme cardiaque - peuvent se faire sentir. Aux USA, une étude scientifique publiée en 2008 identifie bien les risques associés à ces pratiques. Les auteurs signalent une augmentation des cas rapportés d’intoxication à la caféine liés aux boissons énergisantes. Ils font aussi état d’une croissance rapide des usages combinés d’alcool et de caféine, avec les effets délétères associés.
Consommation banalisée
Mais loin d’attirer l’attention sur les risques constatés en cas d’excès, la communication des fabricants de boissons énergisantes banalise leur consommation. Sur le site Internet de Red Bull, on apprend par exemple que « Red bull energy shot se glisse partout. Et comme il se consomme à température ambiante vous pourrez le boire à n’importe quel moment. »
De son côté, Pepsico distributeur du Dark Dog se garde bien de déconseiller les mélanges avec l’alcool et invite à « diluer un volume de shooter dans trois volumes du liquide de votre choix », sans restriction sur le choix dudit liquide... Et chez Coca Cola, on organise des soirées étudiantes parrainées par Burn energy ce qui incite évidemment les jeunes à associer boissons énergisantes et alcool.
Nos demandes
Afin de rétablir une information claire des consommateurs – notamment les jeunes -, la CLCV interpelle conjointement le ministère de la Santé, le Syndicat national des boissons rafraîchissantes et les professionnels concernés. Nous demandons que soient définies des mentions d’étiquetage spécifique à ces produits, et qu’une réflexion soit engagée sur l’instauration, par voie réglementaire, de teneurs maximales en caféine pour les boissons énergisantes et les autres aliments enrichis en caféine (compléments alimentaires, chewing-gums, etc).
Des compléments alimentaires pas si anodins
Compléments alimentaires et chewing-gums enrichis en caféine et/ou en guarana envahissent les rayons des grandes surfaces et de parapharmacie. Juvamine, leader de la vente en grande surface de compléments alimentaires, propose ainsi des comprimés à « ceux qui brûlent la chandelle par les deux bouts » comme mentionné sur l’emballage...
Produits stimulants
De fait, ces comprimés effervescents Juvamine fizz taurine-ginseng associent plusieurs produits censés « stimuler » l'organisme : de la caféine, de la vitamine C (1200mg, soit 200% des apports journaliers recommandés... surdose complètement inutile puisqu’on ne peut pas stocker la vitamine C). Mais aussi dela Taurine (200mg), des extraits de Guarana (500mg) et de Ginseng (130mg). La formule s’inspire donc des recettes « energy drinks ». Le fabricant conseille de prendre 1 à 2 comprimés par jour, selon l’état de fatigue ou les activités. Même si les doses de « stimulants » sont bien en deçà de celles qu’on peut trouver dans certaines boissons énergisantes, leur effet peut ne pas être anodin.
Palpitations
Un de nos internautes nous a ainsi raconté que pour retrouver la forme après les fêtes de fin d'années, il avait décidé de faire une petite cure de Juvamine fizz taurine-ginseng. Il y avait une offre promotionnelle dans la grande surface où il fait ses achats, la notice n’indiquait aucune contre-indication ou avertissement pour les cardiaques, il a donc acheté ces comprimés et commencé une cure à raison d’un par jour, le matin. Et puis il a fait un malaise et ressenti de fortes palpitations cardiaques. La conclusion des médecins urgentistes a été formelle : ce sont les comprimés qui les ont provoquées.
