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Action de terrain
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Deux types de crédit magasins pas prêts [ 05.12.2011 ]

La CLCV a mené l’enquête en mai 2011 pour vérifier si les magasins appliquaient les nouvelles dispositions de la loi Lagarde sur la réforme du crédit.


 

Depuis le 1er mai 2011, dans les magasins, lorsque vous avez besoin d’un crédit de plus de 1000 euros pour financer un achat, on ne peut plus vous proposer uniquement un crédit renouvelable, réserve d’argent, généralement associée à la détention de la carte du magasin et dont les taux sont élevés. On doit vous donner la possibilité de conclure un contrat de crédit amortissable, crédit dont le montant est affecté à l’achat.

 

C’est la loi Lagarde sur la réforme du crédit qui a prévu ces nouvelles dispositions. Les magasins les appliquent-elles ? C’est précisément ce que nous avons voulu vérifier en menant l’enquête sur le terrain. La CLCV est en effet attachée à cette disposition, même si elle aurait souhaité qu’elle s’applique à partir de 500 euros.

 

Nos enquêteurs se sont donc rendus, du 2 au 15 mai 2011 dans plusieurs magasins (Conforama, But, Darty, Casino, Leclerc, Carrefour, Auchan, Cora, Leroy Merlin, Boulanger, FNAC, Alinéa, Ikéa, Saturn, la Maison de la Literie) afin de voir comment l’information était livrée aux consommateurs.

Chaque enquêteur s’est présenté comme un consommateur lambda, s’est montré intéressé par un téléviseur, canapé, électroménager… d’un montant supérieur à 1000 euros et a demandé des informations sur les possibilités de financement à crédit pour une valeur supérieure à 1000 euros.

Défaut d’information

Premier constat : les vendeurs se sont montrés très expansifs sur les qualités des biens à acheter,  les extensions de garantie, voire sur les avantages de la souscription d’un contrat d’électricité ou de gaz pour les magasins ayant conclu un partenariat avec des fournisseurs d’énergie. En revanche, certains semblaient bien moins disposés à donner des renseignements sur les modalités de financement envisageables.

Nos enquêteurs nous ont, en effet, fait part de la difficulté qu’ils avaient rencontrée pour obtenir les informations souhaitées, mentionnant qu’ils avaient parfois dû questionner leur interlocuteur de manière insistante.

Par ailleurs, lorsque des informations ont été données par les vendeurs ou les services financiers selon les cas, les conditions attachées à ce financement  n’ont pas toujours été transmises. Ainsi, alors que certains établissements ont clairement indiqué que les offres proposées, notamment un crédit gratuit ou un crédit à un taux réduit, étaient subordonnées à la possession de la carte du magasin, un tiers ont omis de le mentionner.

Enfin, si certains établissements ont effectivement proposé plusieurs moyens de financement, souvent aucune précision n’a été donnée sur la nature du crédit, cette pratique pouvant laisser à penser qu’il s’agit d’un crédit amortissable alors qu’il s’agit la plupart du temps d’une utilisation spécifique liée à la carte.

Crédit gratuit mis en avant 

Dans près de 80 % des magasins visités, un crédit gratuit a été proposé au consommateur. Mais si l’offre est intéressante, les conditions attachées à celle-ci et notamment la nécessité de détenir la carte du magasin pour pouvoir en bénéficier, ne sont pas toujours clairement expliquées. Le manque de transparence se retrouve donc également à ce niveau.

Globalement, faute d’informations claires et précises sur les différentes options de financement et notamment sur la nature du ou des crédits proposés et sur leurs modalités, il est très difficile de s’y retrouver. Et, que vous le vouliez ou non, vous devrez  être titulaire d’une carte du magasin dans la quasi-totalité des cas.

L’enquête révèle indéniablement un manque de formation des vendeurs et/ou services financiers. La méconnaissance du dispositif législatif régissant le crédit et des offres elles-mêmes a été soulignée à différentes reprises par nos enquêteurs. Certains vendeurs n’ont pas été en capacité de répondre aux questions qui leur ont été posées.

L’objectif recherché de mieux encadrer le crédit renouvelable est donc loin d’être atteint dans la pratique. Incontestablement, la plupart des enseignes n’étaient  pas prêtes… alors qu’elles avaient toute latitude pour s’organiser depuis le vote de la loi intervenu en juillet 2010.

La diffusion des résultats de notre enquête les incitera peut-être à rentrer dans le droit chemin. Nous y veillerons.

 

Documents remis à nos enquêteurs : une grande diversité !

Une page déchirée d’un magazine interne présentant les financements, une simulation informatique très complète indiquant le taux du crédit, sa durée, les échéances, etc, un dépliant consacré uniquement à la carte fidélité du magasin, une plaquette détaillant toutes les possibilités de financement : les documents qui ont été remis par les vendeurs à nos enquêteurs en quête d’informations ont été extrêmement variés. Certains n’ont rien eu du tout.

 

 

 

 

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